Après la découverte d'une fouine infectée en Allemagne, les scientifiques s'attendent à voir d'autres espèces de mammifères contaminés dans les zones touchées par la grippe aviaire, tout en soulignant qu'il s'agirait de contaminations ponctuelles et sans danger pour l'homme.
Les civettes, les tigres, les léopards, les chats domestiques et maintenant la fouine ont montré que, dans des conditions très particulières, ils pouvaient être vulnérables au virus H5N1 dans sa variante hautement pathogène. "Comme chez l'homme, les infections chez des espèces animales autres que les oiseaux sont rares", soulignait jeudi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en commentant la découverte de la fouine contaminée. "Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si la découverte du H5N1 chez de nouvelles espèces de mammifères est significative au regard des risques d'infection pour l'homme et du potentiel de ce virus à s'adapter aux mammifères, y compris l'homme", ajoutait l'organisation.
Les scientifiques interrogés vendredi par l'AFP s'en tiennent eux à l'opinion que le H5N1 est un virus parfaitement adapté aux oiseaux, qui ne franchit la barrière des espèces que dans des circonstances exceptionnelles et que les mammifères représentent un "cul de sac" pour l'évolution du virus. Une concentration importante de virus - comme c'est le cas sur l'île de Rügen où a été découverte la fouine et trois chats infectés - est la condition indispensable de la contamination des mammifères, soulignent-ils.
Tous reconnaissent aussi la faiblesse des connaissances sur le sujet. L'apparition du virus chez d'autres mammifères est en tout cas une possibilité que les experts prennent en compte. "On peut toujours avoir des surprises, en découvrant une espèce réservoir d'une maladie à laquelle on ne s'attendait pas du tout", concède Emmanuel Camus, directeur de recherches au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. Les espèces de mammifères contaminés jusqu'ici sont toutes carnivores et l'hypothèse la plus probable est que les animaux infectés aient dévoré des oiseaux malades. "Les habitudes alimentaires des fouines sont similaires à celles des chats domestiques", relevait ainsi l'OMS dans son communiqué.
Pour que le H5N1 soit véritablement dangereux pour l'homme, il faudrait qu'il mute chez un animal hôte. Or, "la recombination de virus chez les carnivores n'a pas souvent été attestée, contrairement à ce qui se passe avec le porc", relève Abdenour Benmansour, chef adjoint du département de santé animale de l'Institut national de la recherche agronomique.
Le virologue Jean-Paul Gonzalez, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), souligne qu'un animal guéri après avoir été infecté n'aura été contagieux que pendant trois à cinq jours. Et pendant une grande partie de cette période, "il aura été très mal, il n'aura pas bougé de son trou". Le danger d'une diffusion du virus par un animal porteur sain est donc "un schéma très hypothétique, d'une portée très limitée", affirme-t-il. Les mustélidés, la famille de la fouine, semblent assez sensibles au virus et mériteraient sûrement une attention particulière.
D'autant que le furet, un autre de ses représentants, a montré en laboratoire qu'il était sensible au H5N1. Cet animal est utilisé par les scientifiques parce qu'il présente les mêmes symptômes pulmonaires que l'homme face à la grippe classique. Mais ces animaux, discrets et craintifs, ne sont pas faciles à repérer et il est fort probable que, malades, ils aillent mourir dans leurs terriers où ils ne seront jamais retrouvés.
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