"L'OMS a peut être ouvert trop grand le parapluie", déclare le professeur Jeanne Brugère-Picoux, spécialiste de pathologie du bétail et des animaux de basse-cour (Ecole nationale vétérinaire d'Alfort, région parisienne) dans un entretien paraissant mercredi dans le quotidien économique Les Echos. Responsables politiques et experts ont multiplié déclarations et mesures de précaution depuis l'apparition de la grippe aviaire en Europe, en ont-ils trop fait ? "Oui et non. Ce qu'il faut déplorer, c'est l'amalgame qui a été fait d'entrée de jeu entre une maladie animale avérée que nous autres vétérinaires appelons la +peste aviaire+ et le risque d'une pandémie humaine de grippe", répond-elle.
"Le fait que, depuis l'apparition du H5N1 asiatique en 2003, puis sa propagation vers l'Europe à la fin de l'été dernier, ce soit des médecins qui soient montés en première ligne en parlant de pandémie humaine, de masques et de stocks d'antiviraux m'a semblé dangereux et surtout propre à inquiéter l'opinion publique sans raison", commente-t-elle. "A leur décharge, il faut dire que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a peut-être ouvert trop grand le parapluie, alors qu'il s'agissait principalement d'un problème de santé animale", ajoute le Pr Brugère-Picoux.
"Je ne dis pas qu'il n'y ait aucun risque d'épidémie humaine dans l'avenir. De nombreux virologues nous la prédisent depuis des années, estimant que le H5N1 asiatique est le candidat de la future pandémie. Mais si celle-ci ne survient pas dans les prochaines années, il faudra bien admettre qu'on aura crié au loup trop vite", poursuit-elle. "En attendant, on ne s'émeut guère des victimes de la grippe saisonnière, qui n'a jamais fait si peu parler d'elle que cet hiver. Peut-être, dans vingt ans, un virus de peste aviaire finira-t-il par muter pour devenir transmissible d'homme à homme. Mais, à ce moment-là, l'antiviral Tamiflu sera de toute façon périmé", juge-t-elle.
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