Après l'expérience traumatisante de la gestion de la canicule par son prédécesseur, le gouvernement Villepin se montre très réactif face à la grippe aviaire, sujet de santé publique susceptible de concerner tous les Français.
Ces derniers mois, le Premier ministre a multiplié les réunions interministérielles à Matignon pour faire régulièrement le point sur les avancées du plan national de prévention contre le fléau. Mercredi, avant même que le premier cas de virus H5N1 n'ait été officiellement détecté en France, le gouvernement a choisi d'aller plus loin que les recommandations européennes en décidant le confinement général des volailles, mais aussi la vaccination des oies et des canards d'élevage dans les zones à risques de trois départements de l'ouest, une mesure qui nécessite encore l'approbation de Bruxelles.
Et sitôt dévoilée vendredi la mort suspecte d'un canard sauvage dans l'Ain, M. de Villepin a tenu une réunion d'urgence avec les deux principaux ministres en charge du dossier: Dominique Bussereau (Agriculture) et Xavier Bertrand (Santé). Le gouvernement a en outre mis en place un numéro de téléphone spécifique -0 825 302 302 (0,15 EUR/mn)- pour répondre aux questions de la population sur la grippe aviaire. Son objectif évident est de jouer la carte de la transparence et d'afficher la pleine mobilisation. Dans un pays où l'Etat est traditionnellement fort, "il y a une hypersensibilité à ce type de crises et à la manière dont elles sont gérées", a déclaré à l'AFP Dominique Reynié, professeur à Sciences-Po Paris.
M. de Villepin entend d'ailleurs démontrer qu'il suit lui-même de près le dossier en participant, vendredi à Lyon, au premier exercice régional de simulation d'une pandémie de grippe aviaire. Si la France n'est encore que très marginalement touchée, le gouvernement ne veut à aucun moment prêter le flanc à la critique contre une impréparation à une éventuelle catastrophe. Sang contaminé, hormone de croissance, vache folle, canicule... M. de Villepin a en mémoire plusieurs précédents fâcheux qui ont pu coûter cher à certains hôtes de Matignon: Laurent Fabius a été durablement poursuivi par l'affaire du sang contaminé tandis que Jean-Pierre Raffarin ne s'est jamais vraiment remis de l'épisode de la canicule, où les Français lui ont reproché d'avoir mal apprécié la gravité de la situation.
"La demande de sécurité est de plus en plus forte. Là où il fallait une réaction de force 2, il faut désormais une réaction de force 4 et pour les politiques, il y a presque une nécessité de surréagir. Il faut mettre en scène la réaction politique pour rassurer et montrer qu'on s'occupe pleinement du dossier" au risque parfois de créer une certaine psychose, analyse M. Reynié. La réactivité du gouvernement peut aussi avoir, selon lui, une "dimension stratégique" en mettant en valeur "des enjeux qui fabriquent le consensus" au moment où il est confronté à la contestation sociale sur le CPE.
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