Cette pratique a été introduite en France par le technicien, après avoir observé des résultats très satisfaisants chez des éleveurs irlandais. Elle est également très répandue en Australie et Nouvelle Zélande. « Lorsque j’ai découvert ce procédé, nous ne disposions d’aucune référence en la matière. Pendant quatre ans, la station expérimentale de Trévarez a conduit l’allaitement des veaux selon cette alimentation lactée fermentée et aujourd’hui de plus en plus d’éleveurs laitiers ont recourt à cette pratique », explique Jean-Yves Porhiel.
Quasi disparition des problèmes sanitaires chez les veaux
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 Quasi disparition des problèmes sanitaires chez les veaux (© Web-agri) |
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L’un de ces principaux atouts est la quasi disparition des problèmes sanitaires chez les veaux. Deux raisons à cela.
« Lorsqu’il arrive dans la caillette, le lait est déjà prédigéré. Il n’a plus à y subir de transformations, ce qui évite ces dysfonctionnements de la caillette à l’origine du phénomène des diarrhées. De plus, dans le jeune organisme du veau, le lait fermenté permet au système digestif d’être ensemencé par des micro organismes issus de fermentations lactiques, évitant le développement d‘une flore pathogène. »
Facile à mettre en oeuvre
Distribuer du lait fermenté est une pratique relativement facile à mettre en œuvre. Elle est basée sur l’emploi régulier de yaourts afin de produire une fermentation lactique des laits de ferme. A l’issue du processus de fermentation, le lait peut être distribué aux veaux, en un seul repas. « Le gain de temps est considérable », constate Jean-Yves Porhiel. « A la station d’expérimentation, il ne faut pas plus de 6 minutes par jour pour allaiter 40 veaux », précise le spécialiste. « L’ensemble des travaux d’allaitement, de distribution de concentrés et de paillage occupent une personne sur une durée de 30 minutes par jour ! »
Ces économies de temps de travail reposent sur une mécanisation de la distribution qui évite tout transport manuel. Les investissements requis consistent en un bac à tétines pour la distribution (idéalement un bac pour une dizaine de veaux) et une pompe de type de celles utilisées en atelier de veaux de boucherie. « Le coût d’équipement pour un bac à tétines est d’environ 150 € », indique Jean-Yves Porhiel. « Le prix d’une pompe peut quant à lui varier de 60 à 200 €, mais il est également possible d’utiliser du matériel de récupération. Certains éleveurs travaillent également sans pompe, cela dit, elle autorise des gains considérables sur le temps de travail. La réussite du système repose sur la maîtrise de la fermentation. » (NR : En savoir plus, lire : «Lait yoghourt - La température est la clé de la fermentation» en cliquant Ici )
Les répercussions de cette alimentation sont également notables sur l’état général des veaux. « A la station, les résultats de croissance sont passés de 700-720 g/j à un Gmq (gain moyen quotidien) de 820-830 depuis l’alimentation lactée fermentée », témoigne Jean-Yves Porhiel.
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