"Nous avons le sentiment que du moment où nous donnerons une date, nous lâcherions la corde et nous trouverions sur une pente très glissante", a expliqué un responsable communautaire. La fixation de cette date, en principe 2010, a été l'objet dans la nuit de jeudi à vendredi d'une "discussion très chaude" de près de trois heures entre une trentaine de ministres réunis en consultations informelles dites de la "chambre verte", selon une source proche des négociations. Fondamentalement, "c'était l'UE seule contre tous les autres", a ajouté cette source, en indiquant que même la Suisse, qui représente les pays aux agricultures très protégées du G10, pourrait se laisser convaincre d'accepter une date. "Une date conditionnelle est liée aux progrès sur les autres aspects de la concurrence à l'exportation", a réaffirmé le responsable communautaire.
L'UE européenne veut des engagements "spécifiques" des Etats-Unis sur les crédits à l'exportation, l'aide alimentaire et les disciplines imposée aux versements "contracycliques", tous mécanismes qui reviennent d'une manière ou d'une autre à subventionner la production des agriculteurs américains et leur présence sur les marchés mondiaux. L'UE veut également que les Canadiens, les Australiens et les Néo-Zélandais en finissent avec les pouvoirs monopolistiques de leurs entreprises nationales de négoce qui leur permettent de manipuler les prix des céréales (Australie et Canada) ou des produits laitiers (Nouvelle-Zélande). Un autre haut responsable européen a donné une évaluation "pessimiste" de la négociation d'ensemble, qui doit s'achever dimanche par l'adoption d'une déclaration ministérielle.
"Il y a toujours une très forte focalisation sur l'agriculture sans volonté d'entrer dans des négociations sérieuses sur les autres questions", tarifs industriels et services, a-t-il dit. "Sur les droits de douane industriels, on ne bouge pas et il semble que l'on recule sur les services, ce qui est inacceptable pour nous", a-t-il expliqué. "Si nous ne voyons pas de progrès dans ces deux domaines, il sera très difficile d'avancer sur l'agriculture", a-t-il dit. "Dans ce cycle, l'UE a fait à plusieurs reprises des offres sous condition. Cela ne peut pas continuer", a insisté ce haut responsable.
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