La France, prudente face à la menace de la grippe aviaire, lance une mission d'information des consommateurs et dispense dans l'immédiat les éleveurs de l'enfermement des volailles, contrairement à l'Allemagne et aux Pays-Bas.
L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) "ne recommande, dans l'immédiat, ni la claustration des volailles de plein air, ni l'interdiction de la chasse" en France, dans un avis relatif à la grippe aviaire publié mercredi. L'Afssa, à laquelle les ministères de la Santé et de l'Agriculture avaient demandé le 8 octobre un nouvel avis à la suite des cas survenus en Turquie et en Roumanie, a pris cette décision "compte tenu de l'état actuel de la situation en France, et bien que ces mesures demeurent envisageables".
Concernant l'ensemble des élevages de plein air au contact physique des oiseaux sauvages, ainsi que les personnes plus particulièrement exposées (chasseurs, ornithologues, gardes forestiers), l'Afssa recommande que les règles habituelles d'hygiène soient scrupuleusement respectées: lavage des mains après manipulation de cadavres d'animaux, et port de gants afin d'éviter tout contact direct avec les fientes et les cadavres. Par ailleurs, l'Afssa "recommande vivement" que "toutes mesures visant à la séparation des différentes espèces domestiques au sein d'un même élevage soient systématiquement mises en oeuvre".
En cas d'épizootie, "une mise en claustration totale des volailles permettrait alors de limiter très significativement le risque de contact direct avec l'avifaune sauvage", ajoute l'agence. Le gouvernement a par ailleurs chargé mercredi le Centre d'information des viandes (CIV) de lancer une campagne d'information auprès des consommateurs français afin d'éviter toute confusion entre la grippe aviaire des animaux et le risque alimentaire, inexistant pour les humains, selon différentes sources de l'industrie avicole. Le ministère de l'Agriculture relève que, pour l'heure, les statistiques officielles font état d'une "stabilité" de la consommation et des prix des viandes de volaille "jusqu'au week-end dernier", mais il constate une baisse de ces indicateurs "ces derniers jours". Alain Mélot, le président de la Fédération de l'industrie avicole, se dit lui "préoccupé par la baisse des ventes", évaluée par sa fédération à plus 10% depuis le début de la crise.
A Rungis, premier marché de gros d'Europe, les achats, en baisse de 10% dans la première quinzaine d'octobre, ont chuté de 20% depuis le milieu de la semaine dernière, selon la Fédération nationale des syndicats de commerce de gros de produits avicoles. La France, où la volaille est la première viande consommée, est le premier producteur de volailles de l'UE et le troisième exportateur mondial derrière le Brésil et les Etats-Unis. Le secteur réalise un chiffre d'affaires annuel de 6 milliards d'euros et emploie 50.000 personnes.
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