Le gouvernement a chargé mercredi 19 octobre le Centre d'Information des Viandes (CIV) d'informer les consommateurs français afin que ces derniers évitent la confusion entre la grippe aviaire des animaux et le risque alimentaire, inexistant, pour les humains, selon différentes sources de l'industrie avicole.
Le CIV, qui possède cette expérience de communication de crise depuis la maladie de la "vache folle", va mettre en place trois dispositifs pour informer les consommateurs: un "numéro vert" et un site internet, dès lundi prochain, et des documents écrits un peu plus tard. Pendant les deux crises de la "vache folle" (1996-1997 puis 2000 à 2002), le CIV, qui jusqu'à présent n'avait pas de compétence pour informer sur le secteur de la volaille, avait dépensé pour l'information des consommateurs environ 50 millions de francs par an (environ 7,7 M EUR par an).
Crée en 1987, le CIV, qui a le statut d'association, a pour objectif principal de mettre en place des actions d'information auprès des prescripteurs d'opinion et des consommateurs. "La FIA est d'accord sur l'architecture mise en place pour l'information des consommateurs", a déclaré à l'AFP Alain Mélot, président de la Fédération de l'industrie avicole. "Nous sommes préoccupés par la baisse des ventes", a ajouté M. Mélot qui évalue celle-ci supérieure à 10% depuis le début de la crise.
A Rungis, le plus important marché de gros d'Europe, où 17 sociétés vendent aux professionnels (restaurants et bouchers) 82.000 tonnes de volailles par an, les achats, en baisse de 10% dans la première quinzaine d'octobre, ont chuté de 20% depuis le milieu de la semaine dernière, selon Marc Hervouet, président de la Fédération nationale des syndicats de commerce de gros de produits avicoles (FENSCOPA). Pour mieux mesurer la consommation le ministère de l'Agriculture et la profession avicole devaient d'autre part décider, mercredi en fin d'après-midi, la mise sur pied d'un observatoire des prix et de la consommation des volailles, chargé de faire un point hebdomadaire. Un communiqué du ministère de l'Agriculture devait être publié mercredi en début de soirée pour détailler les différentes mesures adoptées.
Chaque année, quelque 190.000 élevages français produisent 1 milliard de volailles, dont 750 millions de poulets, 80 millions de dindes, 80 millions de canards, 35 millions de pintades et plusieurs millions d'oies et de cailles. Seulement 20% de ces volailles sont élevées en plein air. La France, où la volaille est la première viande consommée, est le premier producteur de volailles de l'UE et le troisième exportateur mondial derrière le Brésil et les Etats-Unis. Le secteur réalise un chiffre d'affaires annuel de 6 milliards d'euros et emploie 50.000 personnes.
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »