Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a vivement dénoncé mardi devant la presse les "demandes irréalistes" des Etats-Unis pour relancer les négociations sur l'agriculture à l'OMC.
Dans cette déclaration, M. Douste-Blazy a également critiqué le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, qu'il a rappelé à l'ordre en lui demandant de se "conformer" au "cadre" fixé par les pays de l'Union européenne pour ces négociations. Le représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, a proposé lundi de réduire de 60% les aides aux agriculteurs américains qui faussent les échanges mondiaux, demandant en échange une baisse de plus de 80% des budgets correspondants dans l'UE et au Japon. L'Union européenne est prête à réduire de 70% ses aides internes aux agriculteurs et de 60% ses droits de douane les plus élevés, dans le cadre des négociations en cours à l'OMC, avait déclaré pour sa part M. Mandelson. "Les Etats-Unis ont fait des annonces par voie de presse hier dans le domaine agricole. Ces annonces doivent s'accompagner de réformes concrètes comme l'Union européenne a su le faire", a dit M. Douste-Blazy à l'issue d'un conseil ministériel sur l'Europe. "Ces déclarations de nos partenaires américains ne doivent être à aucun moment conditionnées à des demandes irréalistes envers les autres, tout particulièrement sur la question très sensible de l'accès au marché agricole", a-t-il ajouté.
"Au moment où la négociation de l'OMC s'engage dans une phase cruciale", il a aussi tenu "à rappeler au nom du gouvernement français les principes qui s'imposent au négociateur européen", en soulignant que ce sont les pays de l'UE qui avaient "fixé le cadre de ces négociations". "Il appartient au commissaire européen de s'y conformer", a dit M. Douste-Blazy. Selon lui, il appartient également à M. Mandelson "d'apporter la démonstration que les positions qu'il a exprimées ces derniers jours respectent pleinement les dispositions prises dans le cadre de la politique agricole commune entre 1999 et 2003". Il a aussi appelé le commissaire européen à plus de "transparence" à l'égard des pays qu'il représente dans la négociation. Lors de la même conférence de presse, la ministre déléguée au Commerce extérieur, Christine Lagarde, a reproché à M. Mandelson d'être "un peu" sorti de son mandat en proposant une baisse substantielle des aides européennes aux agriculteurs. "Le commissaire européen a cru devoir répondre (à l'offre des Etats-Unis de réduction de leurs propres aides) en allant probablement un peu au-delà du cadre du mandat dans lequel il opérait", a-t-elle déclaré. Elle a indiqué qu'il n'était pas question pour la France d'aller plus loin que ce qui est déjà prévu par la réforme de la Politique agricole commune de l'UE (PAC).
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