Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau s'estime satisfait de l'"effort significatif pour l'agriculture" contenu dans le budget 2006, tandis que les syndicats agricoles déplorent qu'il ne parvienne qu'à "accompagner" la diminution du nombre de paysans en France.
L'ensemble des crédits du ministère de l'Agriculture s'élève en 2006 à 5,011 milliards d'euros, soit une augmentation de 2,5% par rapport à 2005 (4,89 mds EUR), a souligné jeudi M. Bussereau en détaillant, lors d'une conférence de presse, le budget de l'agriculture selon la nouvelle la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui modifie la présentation du budget. Les seuls crédits dédiés à la "mission" agriculture, pêche, forêt et affaires rurales -soit 2,95 milliards d'euros pour 2006- sont en diminution de 1% sur 2005, le solde se retrouvant dans d'autres missions (enseignement, recherche et sécurité sanitaire).
La forte diminution des effectifs du ministère qui passe à 39.914, sous la barre symbolique des 40.000 employés s'explique, selon M. Bussereau, par la participation de l'agriculture à la maîtrise des dépenses publiques. Le solde négatif de pertes d'emplois en 2006 se monte à 1.136 personnes. Le ministère de l'Agriculture souligne que le nombre d"équivalents temps plein travaillé" concerné est uniquement de 680 (soit 200 départs en retraite non remplacés, 225 vacataires non renouvelés et 255 personnes transférées dans des établissements publics). La "réduction du train de vie du ministère" va d'ailleurs se poursuivre, selon M. Bussereau, avec la mise en vente d'une partie de "l'important patrimoine immobilier", notamment des locaux, parfois situés dans les beaux quartiers parisiens, des offices agricoles une fois que ceux-ci auront été regroupés à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
M. Bussereau a d'autre part justifié la disparition de l'Agence de développement agricole et rural (ADAR) par "le risque de prise illégale d'intérêt" pour les membres du conseil d'amnistration qui étaient en mesure de bénéficer de crédits de sa part. La FNSEA, le principal syndicat, affirme, dans un communiqué, que "tout en prenant acte des quelques améliorations apportées, elle reste inquiète quant à la faiblesse des dotations budgétaires, eu égard à l'ampleur des enjeux et des besoins de l'agriculture".
Pour Jean-Jacques Bailly, le trésorier de la Confédération Paysanne, "ce budget comporte surtout de nombreuses restrictions qui touchent la fonction publique et le monde associatif" et la mesure d'aide à l'assurance-récolte privée ne profite qu'aux "agriculteurs qui ont les moyens de s'assurer". Le président de la Coordination Rurale François Lucas a estimé pour sa part que "le budget est pavé de bonnes intentions mais sert uniquement à l'accompagnement de la diminution des exploitants agricoles en France". "Six mille dotations pour aider les jeunes agriculteurs ne suffisent pas à assurer le renouvellement des générations agricoles", a déploré M. Lucas.
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