Brahim Coulibaly a expliqué mercredi matin, au second jour du procès, que le Mali a été "brutalement confronté aux OGM du coton il y a 3 ans". Le coton malien se vendait mal et dans le même temps, les semenciers américains, encouragés par les organismes de coopération américains, "poussent les petits producteurs à leur acheter des semences, ce qu'ils n'ont jamais fait, et des fertilisants et pesticides". "C'était une sorte de conspiration", a-t-il estimé.
Christian Vélot, généticien moléculaire, a pour sa part martelé un credo anti-OGM: "En agricuture, ils ne sont plus utilisés comme outil mais comme organisme à part entière, sans que l'on puisse maîtriser toutes les conséquences". Il a fustigé "la démarche anti-scientifique des grands groupes par rapport à l'étude des risques et des alternatives". "Il y a danger de contamination, on le sait. Quant au danger sanitaire, il faut refaire des expériences", a conclu le généticien.
Mardi soir, un autre scientifique, Philippe Joudrier, directeur de recherches à l'Inra (Institut national de la recherche agronomique), cité par les parties civiles, avait, lui, plaidé pour les OGM, expliquant notamment que le pollen du maïs, très lourd, ne risque pas d'être emporté, ce qui rend la dissémination "quasiment inexistante".
Mercredi en milieu de matinée, le président Philippe Pujo-Sausset a suspendu l'audience à la demande des 9 prévenus, le temps de leur permettre d'observer une minute de silence à la mémoire des victimes de l'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001. L'audience, qui doit se terminer dans la soirée, reprendra mercredi après-midi avec les plaidoiries des parties civiles.
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