Le seul critère économique ne peut pas présider au choix du mode de reproduction en élevage allaitant, à savoir l’insémination artificielle (IA) ou la monte naturelle (MN). En terme de coût du mode de reproduction, les deux systèmes sont à peu près équivalents, avec peut-être un léger avantage pour la MN. Explications.
« Pour avoir 20 veaux, en prenant un besoin de 25 IAP, le coût estimé est de 1125 € », développe Régis Grémion, conseiller spécialisé en génétique à la Chambre d’agriculture de la Saône et Loire. « Dans le cas d’un taureau possédant de bons index, acheté 2 000 € et revendu 1 000 €, il va féconder une vingtaine de femelles pendant 2 ou 3 ans », ajoute-t-il. Les coûts d’entretien de l’animal sont largement amortis par les deux ou trois saisons de reproduction effectuées par le taureau.
« Il est très difficile de quantifier l’impact de la génétique (et le recours à l’IA) sur la marge brute de l’exploitation », soulève Régis Grémion. « Le sujet est d’actualité. Nous avons justement une étude en cours. Nous sommes en train de collecter des informations auprès de 250 élevages charolais du département de Saône et Loire, et nous essayons de voir, sur une période de 4 ans, s’il y a des relations entre la génétique et les résultats économiques. Mais d’après les premiers éléments, il y a 9 chances sur 10 pour que l’impact de la génétique ne se voit pas sur marge brute de l’élevage », présente le technicien.

IA ou monte naturelle : le choix n’est pas économique (© Web-agri)
Peut-être parce que le différentiel attendu de la génétique n’est pas exprimé de manière assez significative au niveau des performances d’engraissement.
Les performances d’engraissement sont corrélées à l’effet élevage et très faiblement aux index
L’examen des données du répertoire Iboval 2003, réalisé par l’Inra et l’Institut de l’élevage (1) montre clairement que « les performances d’engraissement sont corrélées à l’effet élevage et très faiblement aux index». L’effet élevage, encore appelé effet troupeau, rassemble les conditions de milieu moyennes dans lesquelles sont élevés les veaux au cours d’une campagne. Il explique la majorité des écarts de performances observés entre les troupeaux. « Les effets de l’élevage sont responsables de la plus grande partie des écarts de résultats d’un troupeau à l’autre », concluent l’Inra et l’Institut de l’élevage (1). L’IA ne peut être considérée, à elle seule, comme la garante d’une rentabilité supérieure d’une exploitation.
|
Effet élevage, poids des veaux à 210 jours |
IVMAT des femelles |
Crsev des veaux |
| Inférieur à – 40 kg |
97,7 |
101,4 |
| Supérieur à + 40 kg |
98,1 |
102,6 |
Source (1) « Le Bilan Génétique du Troupeau Allaitant », Inra, Institut de l’Elevage, compléments répertoire Iboval 2003
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