« Aujourd’hui, je n’ai réalisé qu’une substitution partielle du concentré protéique mais je souhaite tendre vers l’autonomie totale », relate Eric Bégué, éleveur laitier à Longages (31), « à la fois pour des raisons qualitatives et économiques ».
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« Pour cela, j’ai deux axes de travail. D’une part, je cultive déjà du lupin et voilà deux campagnes que je l’intègre à la ration des VL. Mais j’ai encore des problèmes dans la maîtrise du rendement que je dois améliorer. Par ailleurs, dès cet automne, je vais cultiver de la luzerne irriguée qui viendra en remplacement de l’ensilage de maïs, à hauteur de 20 à 30 % de la ration. J’ai calculé que ma charge de production d’une surface de maïs va me couvrir 3 exploitations de luzerne. J’aurai par ailleurs des rations plus fibreuses et par conséquent je pourrai augmenter la quantité de lupin incorporé à la ration des VL. Je pense de cette manière m’orienter vers une autonomie sur la base d’une ration ensilage de maïs, luzerne et lupin. » |
Carte d'identité : Eric Bégué, Gaec du Puntous Eleveur laitier à Longages (31) 42 VL de race Prim’holstein Quota de 320.000 l SAU de 92 ha |
« Dans l’expérience des deux dernières années, j’ai distribué 1,5 kg de lupin/jour et par vache avec 2 kg de correcteur azoté sur une ration d’hiver à base d’ensilage de maïs. En consommant environ 20 t de lupin par an contre 50 t de correcteur azoté, je n’ai pas observé de modifications sensibles de la composition ou de la quantité du lait produit. Mes taux sont stables aux alentours de 40-41 en TB et 32 en TP.
« Je mise avant tout sur la sécurité alimentaire »
J’ai une production laitière moyenne de 7.000 kg. J’estime me situer à mi-chemin entre une conduite extensive et une conduite intensive mais je mise avant tout sur la sécurité alimentaire. Comme l’a souligné Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre régionale d’agriculture de Midi Pyrénées, il est fort vraisemblable que demain, 90 % du soja commercialisé au niveau mondial soit génétiquement modifié. « J’ai l’impression que dans plusieurs régions de France, des industriels laitiers sont en train de réfléchir à modifier leur cahier des charges sur l’origine du soja utilisé par les éleveurs », avait ajouté le président de la Chambre. J’espère qu’il se mettra en place au niveau régional une filière de qualité non OGM », souligne Eric Bégué. « Et j’ai choisi, pour ma part, de faire ce pari sur l’avenir, et je l’espère un avenir proche », ajoute-t-il, « en garantissant une source protéique non OGM. »
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