Le réallotement des broutards, pratiqué en début d’engraissement pour constituer des lots d’animaux de poids homogènes, s’avère avoir des conséquences négatives sur les performances de croissance.
Ce constat a été mis en évidence par une expérience en station et en élevage à l’issue d’un programme de recherche mené conjointement par l’Inra de Clermont-Theix, l’Enesad et la Cialyn (Coopérative agricole interdépartementale des éleveurs de l’Aube, du Loiret, de l’Yonne et de la Nièvre). Présentés à Lyon en mars dernier (*), les résultats de cette expérience montrent que le réallotement des broutards n’apporte pas les bénéfices escomptés.
« Il semble instaurer un stress chronique chez l’animal », présente Isabelle Veissier et al (*). « Au cours de l’engraissement, les animaux réallotés se tolèrent moins en situation de compétition alimentaire (temps passé à manger inférieur). » En modifiant les rapports établis, le réallotement semble nuire à la cohésion sociale, et le groupe a un effet calmant moins prononcé. La hiérarchie au sein des animaux s’instaure plus difficilement lorsqu’ils sont de poids similaires. Les comportements de stress pré-abattage ressortent aussi plus marqués. Non seulement le réallotement ne se justifie pas au regard des avantages escomptés, mais plus encore, il joue un effet dépressif sur la croissance.
Une différence de 150 g de GMQ
En suivant les performances d’engraissement dans des élevages pendant deux ans, les équipes de recherche ont mesuré une différence de 150 g de GMQ entre les lots d’animaux non réallotés et les lots d’animaux réallotés. Ainsi, 67 lots de taurillons charolais ont été suivis en ferme et l’impact du réallotement est apparu très nettement sur les performances d’engraissement : 1.730 g de GMQ moyen pour les taurillons non réallotés et 1.580 g pour les taurillons réallotés.
« L’engraissement sur place ou le transfert direct d’un groupe de broutards d’un éleveur-naisseur à un éleveur spécialisé engraisseur est préconisé », concluent Isabelle Veissier et al (*). Par ailleurs, cette étude a aussi permis de mettre en évidence que la santé des taurillons était aussi bonne chez les engraisseurs spécialisés que chez les naisseurs engraisseurs. « L’idée selon laquelle faire naître des animaux induit des attitudes plus positives entre eux n’est pas confirmée. Il est possible que le naissage favorise des attitudes positives envers les animaux reproducteurs et non envers leur progéniture. »
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