La Commission européenne est montée au créneau lundi après-midi pour contester les accusations qualifiées de "simplistes" du Premier ministre britannique Tony Blair contre le poids des dépenses agricoles dans le budget communautaire.
"Dire qu'il est mauvais de dépenser plus de 40% du budget dans un secteur pesant seulement 1,6% du PIB et 5% des actifs est trop simpliste", a affirmé l'exécutif européen dans un argumentaire écrit diffusé à des journalistes. Les aides directes aux agriculteurs et les dépenses de soutien aux marchés font de la politique agricole commune "la seule politique totalement financée par le budget de l'UE", a-t-il défendu.
"Les dépenses européennes remplacent les dépenses nationales. C'est pour cela qu'elles représentent une telle proportion", a fait valoir Bruxelles. La Commission a également souligné que l'accord d'octobre 2002 qui a sanctuarisé les dépenses de la Pac jusqu'à fin 2013 avait été entériné "unanimement" à l'époque par les dirigeants de l'UE, M. Blair compris.
A trois jours du sommet de Bruxelles, le Premier ministre britannique, déterminé à préserver le rabais de son pays, a envenimé le débat sur le budget européen en réclamant lundi de rediscuter "l'ensemble" de sa structure, y compris le fait que "40% va toujours à l'agriculture". "Nous devons poser la question de savoir si, au début du XXIe siècle, un budget qui est formulé de cette façon est la réponse aux problèmes de l'Europe aujourd'hui. Je ne pense pas que ce soit le cas", a déclaré M. Blair à Moscou.
La Commission a répliqué en mettant en avant la faiblesse et la décrue de la part du revenu brut communautaire allouée aux agriculteurs, passée de 0,61% en 1995 à 0,43% aujourd'hui. "Dans une dizaine d'années, elle sera tombée à 0,33%. C'est en gros 1% des budgets publics à travers l'UE", a-t-elle pointé. "Le cumul des dépenses nationales dans d'autres secteur fait de la dépense agricole un nain", a-t-elle estimé.
A l'appui de ses affirmations, Bruxelles a relevé que "les dépenses de santé et de sécurité sociale représentent en moyenne 27% du PIB" et rappelé qu'une étude de 2003 chiffrait à 160 milliards d'euros les dépenses militaires de l'ancienne UE à 15, soit "quatre fois les dépenses de la Pac". La Commission a par ailleurs fait valoir que l'accord d'octobre 2002 instituait un "gel des dépense en paiements directs aux agriculteurs et en mesures de soutien au marché jusqu'en 2013".
"Cela signifie que les aides directes aux agriculteurs de l'UE à 15 vont décroître sur la période, en particulier si le coût du soutien aux exploitants roumains et bulgares (dont les pays doivent adhérer en 2007) sont inclus dans ce plafond", a conclu Bruxelles. Un telle inclusion est d'ailleurs refusée par la France comme non conforme à l'accord de 2002.
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