BRUXELLES, 4 juin 2004 - Un accord a été conclu entre l'Union européenne et Moscou pour reprendre les exportations de viande européenne vers la Russie, qui étaient suspendues depuis le 1er juin, a annoncé vendredi la Commission européenne.
"Nous nous attendons à ce que cela se produise très bientôt. Est-ce que c'est une question d'heures ou de jours? Cela dépend de l'efficacité des autorités russes", a expliqué lors d'un briefing le porte-parole de la Commission, Reijo Kemppinen. Cet accord, a-t-il précisé, intervient à la suite d'un entretien téléphonique, jeudi soir, entre le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et le Premier ministre russe, Mikhaïl Fradkov.
Les deux responsables ont convenu de terminer d'ici la fin de septembre prochain des "discussions techniques" supplémentaires sur le dossier, et M. Fradkov a reconnu que le gouvernement russe devait "mettre un terme" aux interdictions d'importation de viande européenne, selon M. Kemppinen. Les Russes réclament des Européens un certificat sanitaire communautaire pour leurs exportations de viande vers leur pays qui, actuellement, sont certifiées par les autorités de chaque Etat membre de l'Union.
Un responsable russe s'exprimant sous couvert de l'anonymat avait expliqué jeudi que la Russie demande depuis 2003 le remplacement des certificats sanitaires individuels des pays de l'UE par un seul et unique certificat de l'UE. Selon ce même responsable, ce certificat unique devait être introduit au 1er mai 2004 puis, après une prolongation, au 1er juin. Mais de son côté, Reijo Kemppinen a répété qu'il n'était "pas possible d'avoir un certificat unique" pour toute l'UE.
"Les certificats relèvent des états membres", mais "il faudra voir s'il est possible d'harmoniser davantage les documents, de donner des garanties comunautaires" sur la procédure d'émission des certificats nationaux, a précisé un autre porte-parole. La Commission européenne avait réagi vivement jeudi à l'interruption des exportations de viande européenne vers la Russie, indiquant qu'elles représentaient un volume potentiel de 1,3 milliard d'euros par an.
Onze à douze pays, sur les 25 pays de l'Union élargie, étaient concernés par l'initiative russe. Reijo Kemppinen avait qualifié une telle mesure d'"inutile et injustifiée". Vendredi, M. Kemppinen avait répété que l'UE appliquait des "mesures très strictes, des normes de haute qualité" pour les denrées que "nous consommons et les denrées et que nous exportons vers la Russie. C'est une priorité pour l'UE de maintenir la qualité de ces denrées".
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