S'il est parti un peu plus tôt que prévu -"Je suis là jusqu'à 20 heures", avait-il lancé à son arrivée- le Premier ministre a arpenté pendant près de sept heures les allées du Salon, battant le record du président Jacques Chirac qui y était resté plus de cinq heures en 1996 et 2002. Sans bouder les autres régions, M. Raffarin a accordé une attention toute particulière -tout comme M. Chirac samedi- à son fief d'origine, le Poitou-Charentes, invité d'honneur cette année.
Escorté d'un imposant service d'ordre, il a visité quelques stands avant de passer, dans un premier temps, trois quarts d'heure sur celui de sa région, accompagné de bout en bout, devant caméramen et photographes, par Mme Morin: dégustation d'huîtres, séance de présentation culinaire avec le chef Joël Robuchon, passage devant les vaches Parthenaises et les agneaux du Poitou... "C'est Madame Raffarin ?" se sont même interrogés certains passants.
Rencontrant des enfants, M. Raffarin leur a demandé: "vous voulez qu'on continue à distribuer du lait à l'école". "Je suis d'accord avec vous", a-t-il ajouté devant leur réponse positive. C'est le père de M. Raffarin, Jean, éphémère secrétaire d'Etat de Pierre Mendès France, qui a instauré la distribution du verre de lait aux écoliers.
Interrogée sur cette marque d'intérêt de la part du Premier ministre, Elisabeth Morin a affirmé que "ça n'a rien à voir avec la campagne électorale". M. Raffarin s'est voulu lui aussi catégorique: "je suis venu comme tous les ans soutenir les agriculteurs".
Après un détour sur d'autres stands, il est revenu sur celui de Poitou-Charentes pour un déjeuner officiel offert par la région à des élus UMP et des responsables agricoles. M. Raffarin n'a pas croisé Mme Royal, pourtant présente à une centaine de mètres et qui s'est amusée de ne pas avoir été conviée au repas. "A part ça, il ne veut pas nationaliser les élections" des 21 et 28 mars, a-t-elle ironisé.
Sur le stand de la FNSEA, le président Jean-Michel Lemétayer qui, pas plus que pour M. Chirac, n'a accueilli le Premier ministre à son arrivée, lui a lancé un avertissement sur les filières en crise: "il faut prendre les mesures de soutien conjoncturelles indispensables. J'y tiens. Sinon vous m'entendrez, M. le Premier ministre !".
L'accueil a été beaucoup plus policé, tutoiements réciproques à l'appui, chez son prédécesseur Luc Guyau, proche de l'UMP, qui lui a remis une bouteille de vin. "Mais, c'est vrai que maintenant, on ne peut plus boire que le dimanche", a lancé M. Raffarin.
Alors que 300 à 400 étudiants infirmiers ont manifesté devant le Salon, plusieurs d'entre eux ont brièvement interpellé M. Raffarin à l'intérieur, en lui remettant un tract contre "la destruction du système de santé". Le Premier ministre, qui a reçu de nombreux cadeaux sur les stands, notamment des DOM-TOM, a aussi eu droit à des messages de soutien de certains passants -"tenez bon"- ou à des manifestations de mauvaise humeur d'autres: "Raffarin, il faut se mettre à l'écoute de la France d'en bas". |
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