"Ils ont commencé à les débarquer du bateau ce matin", a indiqué dans l'après-midi un employé du port, sous couvert de l'anonymat. Le cargo Cormo Express était arrivé à Massawa mercredi matin, selon des membres de l'équipage, qui ont tenu eux aussi à l'anonymat. Les animaux provenant d'Australie étaient à l'origine destinés à l'Arabie saoudite, mais ils avaient été refusés par ce pays au prétexte que nombre d'entre eux avaient la gale. "Ils les emmènent vers Ghatelei", dans les hauts plateaux érythréens, a poursuivi l'employé du port. Plusieurs grandes bétaillères chargées de moutons circulaient dans l'après-midi à la sortie de Massawa, principale ville d'Erythrée sur la Mer Rouge, a-t-on également constaté. Les journalistes n'ont pas été autorisés à entrer vendredi dans le port de Massawa, où le cargo était à quai. Mais ils ont senti depuis l'entrée du port la forte odeur qui se dégageait du navire transportant les moutons. L'employé du port, qui est monté sur le cargo, a affirmé ne pas avoir vu de moutons morts à son bord. Des associations australiennes de défense des animaux avaient accusé le gouvernement de Canberra de mettre l'opinion devant le fait accompli, après l'annonce qu'environ 5.000 des 50.000 moutons étaient morts pendant leur long voyage forcé, entamé en août dernier. Le ministre australien du Commerce, Mark Vaile, avait annoncé vendredi que les moutons avaient finalement été offerts à l'Erythrée par les autorités australiennes. Après le refus opposé par l'Arabie saoudite au débarquement de ces bêtes, soupçonnées d'être contaminées par la gale, des tentatives auprès d'autres pays avaient échoué, de même que les suggestions de rapatrier les moutons en Australie. A l'origine, les autorités de Canberra avaient annoncé que les animaux seraient transférés sur l'île Coco, une possession australienne dans l'Océan Indien, et sur laquelle se trouve une station de quarantaine. L'affaire a déclenché une tempête politique en Australie. Elle a en effet conduit l'Australie à arrêter les exportation de bétail vers l'Arabie saoudite. Canberra a dû en outre assurer non seulement les coûts de cette navigation prolongée mais a également été contraint de racheter le troupeau. "Nous avons géré cela du mieux que nous l'avons pu et il est certain que nous ferons tout notre possible pour que cela ne se reproduise pas", a conclu vendredi le ministre australien du Commerce. |
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