Le virus en cause, "un virus aviaire influenza A/H7N7, responsable de la peste aviaire classique, n'a provoqué jusque là que des symptômes bénins, essentiellement des conjonctivites", indique à l'AFP Bernard Vallat directeur général de l'Office International des Epizooties (OIE), basé à Paris.
"Ces virus influenzae aviaires sont très surveillés car ils ont une propension à muter et à devenir dangereux pour l'homme", rappelle-t-il. Le contact entre virus humain et aviaire de grippe peut favoriser, par le biais d'échanges et recombinaisons génétiques, l'émergence d'une nouvelle souche susceptible de provoquer une nouvelle pandémie, comme la "grippe de Hong-Kong" de 1968 ou pire la "grippe espagnole" de 1918-1919. Toutefois, selon le virologue Albert Osterhaus (Rotterdam), le décès du vétérinaire, qui n'avait pas pris d'antiviraux contre la grippe, est "un cas isolé". Il faut cependant attendre les résultats des analyses du virus H7 de la victime pour voir s'il a changé (muté) depuis son irruption en février dernier, ainsi qu'une confirmation définitive de la cause du décès. "L'alerte pourrait ainsi passer du "niveau 0" (simple recueil d'informations) au "niveau 1" (cas humain et transmission interhumaine) sur recommandation de l'OMS, déclenchant une mise en branle active de l'ensemble du réseau de surveillance mondiale", indique-t-on au niveau du réseau européen. Au décès du vétérinaire le 17 avril, dont "la cause la plus probable" est le virus H7N7, s'ajoutent de "solides preuves" de transmission interhumaine du virus, selon le virologue Ron Fouchier (Centre Medical Erasme, Rotterdam) qui a relevé en trois occasions, une transmission du virus par des ouvriers d'exploitations de volailles à des membres de leur famille. La grippe aviaire touche poules ou dindons, et d'autres oiseaux comme les canards sauvages migrateurs, qui jouent un rôle de disséminateurs. Les Pays-bas ont déjà abattu et incinéré plus de 15 millions de volatiles. Un massacre rappellant ceux auxquels s'est livré Hong Kong où un autre virus de grippe du poulet, le H5N1, a été isolé pour la première fois chez l'homme en 1997. Le virus H5, qui avait tué à l'époque six personnes à Hong Kong, est depuis sous surveillance, même s'il n'a pas réussi à se répandre dans la population. Les mesures pour combattre cette peste aviaire dans les zones infestées comprennent, outre l'abattage des volatiles, le traitement par antiviraux anti-grippe des malades, et, à titre prophylactique, des personnnels exposés, voire la vaccination anti-grippe, et, comme pour le SRAS, le lavage des mains... L'extermination pourrait aussi toucher les cochons s'ils venaient à tomber malades, l'espèce contribuant à l'apparition de variant de virus grippaux. Mais pour l'instant seul un contact avec le virus H7 (présence d'anticorps) a été détecté chez certains d'entre eux aux Pays-Bas. "En France, on a réussi jusqu'alors à s'en prémunir, la désinfection des camions a bien fonctionné jusqu'à présent", indique M. Vallat. "Le virus se conserve plusieurs jours dans certaines conditions, bien à l'ombre et dans l'humidité d'un camion frigorifique par exemple, plusieurs jours sur les oeufs et même les boîtes d'oeufs", ajoute-t-il. Mais "manger du poulet ne présente actuellement aucun danger", rassure-t-il. |
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