« La couverture hermétique des fosses à lisier est une très mauvaise mesure, non seulement elle amplifie les problèmes, odeurs, pollution atmosphérique, perte d'azote utile, mais elle est contraire aux objectifs réglementaires. »
« Le lisier est composé majoritairement de bactéries anaérobies (qui n'utilisent pas l'oxygène de l'air), qui fermentent en dégageant des gaz nauséabonds et polluants. Les principaux gaz traceurs de pollution et d'odeurs sont l'hydrogène sulfuré et l'ammoniac, présents en concentration mille fois plus importante que les autres gaz. D'après de nombreuses études, le gaz le plus corrélé aux odeurs est l'hydrogène sulfuré dont le seuil de détection est très bas (0,01ppm). Priver d'oxygène les fosses à lisier c'est favoriser la prolifération des bactéries anaérobies donc des gaz de fermentation :ammoniac, hydrogène sulfuré, gaz à effet de serre (protoxyde d'azote, NOX , méthane). D'ailleurs, dans plusieurs départements la couverture des fosses n'évite pas les plaintes du voisinage mais au contraire les augmente. Pourquoi ? Parce que ce lisier est beaucoup plus nauséabond et qu'au vidage et surtout à l'épandage les odeurs sont très importantes. Au plan sécuritaire, il ne faut pas oublier également que méthane et hydrogène sulfuré sont "extrêmement inflammables" dans la nomenclature des produits chimiques. »
En laissant une circulation d’air suffisante
« D'autre part, la couverture hermétique des fosses appauvrit le lisier en azote utile pour les plantes et favorise la pollution de l'air. En effet, l'absence d'oxygène entraîne la dénitrification c'est à dire la transformation des produits azotés assimilables (ammonium et nitrate) en oxyde d'azote (NOX) et en protoxyde d'azote (gaz à effet de serre). Les émissions de ces gaz dans l'atmosphère sont réglementées au plan national et communautaire. La réglementation porte sur la réduction des rejets dans l'air des gaz à effet de serre ou leurs précurseurs et la mise en place de mesures pour y parvenir. »
« Il est donc recommandé de couvrir les fosses pour éviter la dilution des composés fertilisants et limiter le volume de lisier, mais en laissant une circulation d'air suffisante. »
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »