RENNES, 17 sept (AFP) - Redoutant une nouvelle crise, les Jeunes Agriculteurs (JA) français réclament un "électrochoc" pour la filière porcine à l'occasion de la 17ème édition du Space (Salon de la production agricole-carrefour européeen), le plus important salon consacré à l'élevage en Europe.
"Les Jeunes Agriculteurs ne voient pas l'ombre d'une réaction de la filière porcine pour établir un prix de base significatif. La situation des éleveurs porcins reste précaire et l'installation des jeunes dans cette production est remise en cause malgré les cours actuels", a indiqué à l'AFP Hervé Beaumont, responsable du dossier porc à JA, à l'occasion du SPACE qui s'est ouvert mardi et doit durer jusqu'à vendredi au Parc des expositions de Rennes (ouest de la France).
Producteur à Puyol (Landes), M. Beaumont dénonce "l'attitude des coopératives qui sacrifient la compétivité des adhérents au profit de leurs performances économiques". En France, 90 groupements de producteurs contrôlent 90% de la production (22 à 25 millions de bêtes).
Les Jeunes Agriculteurs "souhaitent un regroupement des opérateurs en amont et en aval de la filière. En amont, pour permettre aux groupements de producteurs d'être représentatifs sur le marché au cadran breton et en aval pour la commercialisation des pièces".
La principale revendication des Jeunes Agriculteurs concerne la reconnaissance du travail de qualité des éleveurs porcins français. La commission de Bruxelles ayant déclaré illégal l'étiquette Viande Porcine Française (VPF) sur tous les porcs nés, élevés et transformés en France, les JA réclament l'instauration d'un Certificat de Conformité Produit (CCP) unique au lieu des 40 ayant cours sur le marché actuellement.
"Aujourd'hui, les investissements réalisés par les coopératives sur la filière ne profitent pas aux éleveurs. A quoi cela sert-il de créer quarante démarches de qualité s'il n'y a aucun retour pour les éleveurs?", se demandent-ils.
Pour les JA, "les coopératives doivent aujourd'hui s'investir dans une démarche commerciale globale de filière avec un socle commun identifié et tracé. Il n'y a pas d'autres alternatives si on veut maintenir un prix pour les éleveurs".
Un espoir réside dans la naissance d'une interprofession porcine - Inaporc - qui commence à se mettre en place, même si elle n'a pas encore reçu tous les agréments ministériels. L'idée serait notamment de lancer - à l'instar des fruits et légumes - une vaste campagne de publicité pour relancer la consommation.
La France compte 54.600 élevages porcins et 14.700 élevages de truies. Les deux tiers de la production française proviennent des régions Bretagne et Pays de la Loire.
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