La sécheresse est maintenant bien présente dans de nombreux départements du centre et de l’est de la France, et va compromettre la récolte de stocks fourragers pour l’hiver prochain.
En attendant le retour de la pluie, la priorité actuelle est double :
1/ la récolte de fourrages grossiers.
2/ la récolte de paille pour la litière
L’hiver prochain, il sera plus facile d’acheter dans le commerce à des prix raisonnables :
-des produits secs : céréales, concentrés, luzerne déshydratée, sous-produits déshydratés ( corn gluten feed, pulpes de betteraves,etc…)
-peut-être des sous-produits humides : drèches de brasserie, pulpes de betteraves ou de pommes de terre, sous-produits d’industrie alimentaire locale,…
Aucun de ces produits ne remplacera les fourrages grossiers ni la paille.
L’ensilage de céréales immatures s’adresse donc particulièrement :
*aux parcelles qui ne fourniraient presque pas de paille « utile » suite au passage de la moissonneuse
*aux parcelles dont le rendement en grain est faible
*aux exploitations qui ont assuré par ailleurs leurs besoins en paille pour la litière
*aux rations qui manquent cruellement de foin pour la rumination
Récolte : agir vite
Les céréales immatures s’ensilent au plus tard au stade laiteux-pateux, en essayant de ne pas dépasser 35% de matière sèche (pour éviter les problèmes de moisissures et d’échauffement).
A ce stade aussi, les céréales sont éligibles aux primes PAC.
Au 24 juin, cela peut concerner encore les triticales et quelques blés sur des parcelles tardives.
Conservation : tasser, tasser …
La difficulté est de tasser suffisamment vu la présentation en tuyaux et le taux de matière sèche élevé. Pour éviter les problèmes de moisissures ou d’échauffement :
*ajouter du conservateur de type acide propionique à 1.5 l/tonne de vert.
*ou superposer de l’ensilage d’herbe ou de maïs d’un autre silo pour bien écraser la céréale immature
*dans tous les cas, tasser le plus énergiquement possible, fermer hermétiquement avec une bonne bâche et charger la bâche lourdement
Valeur alimentaire et utilisation :
Autour de 0.70 UFL /kg de MS (entre 0.65 et 0.75 suivant le stade et la céréale).
C’est un fourrage grossier qui fait ruminer.
A raison de 3 à 4 kg de MS maximum dans la ration journalière d’une vache à haute production, l’ensilage de céréale immature compense une absence de foin.
En proportion plus importante, il apporte à des vaches moyennement productives ou des génisses l’essentiel de leurs besoins en fourrages grossiers et en énergie.

Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »