L’épandage des lisiers augmente la teneur des sols en matière organique, en phosphore et azote, mais aussi en cuivre et en zinc. Ces métaux sont en effet ajoutés aux rations alimentaires des porcs et se retrouvent dans les déjections. Le cuivre sert de facteur de croissance. Le zinc est un oligo-élément essentiel qui intervient dans la plupart des fonctions biologiques de l'animal et permet notamment de prévenir une maladie de la peau, la parakératose.
Les chercheurs ont étudié le cas d’une parcelle appartenant à une ferme de 110 ha où sont élevés plus de 11.000 porcs chaque année. Ils ont analysé la teneur du sol en éléments métalliques à huit années d’intervalle, 1989 et 1997. Le cuivre et le zinc sont les deux seuls éléments métalliques dont la teneur totale augmente entre les deux dates, de 1,3 % par an en moyenne. Cette augmentation est beaucoup plus importante que ce que l’on obtient par le calcul à partir des quantités épandues déclarées. Il est probable que ces quantités sont largement sous-estimées.
Par ailleurs, en analysant le même type de sol demeuré sous forêt, les chercheurs ont déterminé la teneur naturelle des sols en ces deux éléments. Ils ont ainsi pu calculer que depuis que l’on épand des lisiers dans la parcelle cultivée, les teneurs totales en cuivre sont passées de 15 à 35 mg/kg, celles de zinc de 70 à 107 mg/kg. Mais, le plus inquiétant est l'augmentation encore plus rapide des formes dites "bio-disponibles", quantifiées par les teneurs en cuivre et zinc extractibles à l'EDTA. Elles sont passées, entre 1989 et 1997, de 6,5 à 9,2 mg/kg pour le cuivre et de 6,6 à 10,6 mg/kg pour le zinc. Au rythme actuel, les sols pourraient atteindre des teneurs en cuivre et zinc bio-disponibles les rendant impropres à l’agriculture d’ici environ 150 ans. L’échéance risque en fait d’être plus proche, du fait de l’augmentation constante des quantités épandues.
Une dépression des rendements agricoles ou des problèmes de toxicité pour les plantes pourraient donc apparaître avant la fin du XXIème siècle. L’élevage hors sol pratiqué en Bretagne ne pourra pas se poursuivre longtemps à l’identique sans dommage pour les sols et leurs récoltes. Des chercheurs de l’INRA à Rennes étudient l’alimentation des porcs dans l’objectif de minimiser leurs rejets polluants, notamment en cuivre et zinc.
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