L'ensilage est le seul endroit de votre exploitation où les butyriques peuvent se multiplier. Il en résulte un lait contaminé et un manque à gagner non négligeable sur la paye du lait en fin de mois. Pour l'éviter voici 5 règles à suivre, proposées par le BTPL. Et des précisions sur les 4 cas d'utilisation d'un conservateur.
L'ensilage est le seul endroit de votre exploitation où les butyriques peuvent se multiplier. Ingérées par les vaches en même temps que l’ensilage, elles passent par le tube digestif, se retrouveront concentrés dans les bouses et passeront dans les griffes lors de la traite à la première occasion. Résultats : un lait contaminé et un manque à gagner non négligeable sur la paye du lait en fin de mois.
La réussite de l’ensilage est donc primordiale
Les 5 règles pour réussir son ensilage :
1/ Préparer les silos
La contamination par le sol du silo sera limitée en bétonnant le fond du silo et la plate-forme de déchargement. La circulation autour du silo devra être optimisée afin d'éviter de monter de la terre sur le silo.
Nettoyer les silos, et bâcher les murs avec un film propre.
2/ Prévoir et organiser son chantier
Consulter la météo locale, prévoir un nombre de bennes suffisant pour un chantier rapide, et un tracteur tasseur suffisamment lourd ( ¼ du poids de fourrage vert ensilé par heure). Le silo doit être réalisé en une journée pour permettre une acidification rapide qui freinera le développement des butyriques
3/ Récolter une herbe de qualité
Stade de récolte juste avant épiaison, viser 25 à 30% de matière sèche.
Selon stade de récolte, à la matière sèche et à l'espèce ensilée L’utilisation d’un conservateur peut alors s’avérer indispensable.
Les quatre cas d’utilisation d’un conservateur :
- sur les espèces pauvres en sucres nécessaires à la fermentation (dactyle, luzerne),
- si le chantier se déroule en conditions difficiles (pluie et contamination par la terre),
- sur des plantes récoltées très jeunes ou ayant reçu une forte fertilisation azotée,
- pour améliorer l’ingestion et le niveau de production pour l’alimentation des vaches fortes productrices.
4/ Récolter un fourrage sans terre
Attention aux parcelles accidentées, pleines de taupinières. Eviter les épandages tardifs qui augmentent les risques de contamination.
La hauteur de coupe doit être au minimum de 8 cm à rehausser s’il y a des taupinières dans la parcelle.
Si certaines parcelles sont trop accidentées, prévoir un ressemis dans les années futures.
Soigner l’andainage et éviter de rouler sur les andains.
5/ Chasser l'air du silo rapidement
Pour faciliter le tassement, mieux vaut hacher l'herbe finement (brins de moins de 5 cm) et l'étaler sur le silo par couches de faible épaisseur. Charger les cotés du silo avant le milieu pour favoriser le tassement des bordures
Mais surtout, il faut laisser le temps au tracteur-tasseur de faire correctement son travail.
Ensuite, il faut fermer rapidement et hermétiquement le silo, en utilisant deux bâches plastiques (une neuve "label", protégée par une vieille).
Le silo doit être bien chargé (sacs de sable, pneus… mais surtout pas de terre ni de fumier qui sont des concentrés de butyriques).
En silos taupinières, veiller à bien ceinturer le tas avec du sable ; en silo couloir, placer des sacs de sable le long des parois.
Attention, le silo est confectionné pour plusieurs mois. La précipitation peut coûter cher si la qualité du lait n’est pas au rendez-vous.

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