"Les producteurs porcins sont étranglés et dans une situation dramatique à cause des marges scandaleuses des salaisonniers (transformateurs) et de la grande distribution", a déclaré jeudi 6 novembre 2003 à l'AFP Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). L'été, d'ordinaire propice à la consommation de sandwiches au jambon et à l'organisation de barbecues, n'a permis cette année qu'une courte "embellie" en raison de la canicule et la crise affecte à nouveau la filière porcine, selon M. Lemétayer. "Les prix payés à la production s'élèvent à 0,96 euro le kilo, alors que le coût de revient est de 1,36 euro le kilo. Or, selon les relevés que nous avons faits le 22 octobre, le magasin Auchan d'Issy-les-Moulineaux, qui a reçu des éleveurs un "Pique-sous d'or", affichait un prix de la longe de porc en côtelettes à 5,95 euros le kilo, du rôti sans os à 6,95 euros", affirme Jess Trebaol, éleveur dans le Finistère. Le Syndicat national du commerce du porc (SNPC) a dénoncé pour sa part jeudi le fait que "les abattoirs et ateliers de transformation du Grand Ouest soient (...) la cible des attaques et manifestations parfois violentes des éleveurs de porcs". Pour le SNPC, "la crise du porc résulte de l'inadéquation de l'offre à la demande avec cette fois deux données fortes: la faiblesse de la consommation (française) et de la demande extérieure et la concurrence accrue des pièces de découpe issue" des autres pays européens, l'Espagne étant venue s'ajouter au Danemark, à la Pologne et à l'Allemagne. Les solutions proposées par le SNPC consistent notamment à demander au gouvernement "d'assécher l'offre" (en obtenant de Bruxelles un stockage privé communautaire) et d'obtenir la mise en oeuvre de subventions pour l'exportation vers les pays hors Union européenne. Un grand espoir réside dans l'annonce, lundi dernier, de la reconnaissance officielle de l'Interprofession nationale porcine (INAPORC). "Il est du rôle de l'Interprofession porcine de s'engager dans une campagne de relance de la consommation et de revalorisation de l'image de la viande porcine", affirme le SNCP. Une campagne de publicité, initiée par l'association Viande de Porc Française (VPF) a d'ailleurs commencé jeudi, avec pour thème "le porc, j'adore" sur cinq radios, couplée avec des actions de promotion dans la grande distribution. La France compte 54.600 élevages porcins et 14.700 élevages de truies. Les deux tiers de la production proviennent de Bretagne et des Pays de la Loire. Quatre-vingt dix groupements de producteurs contrôlent 90% de la production (22 à 25 millions de bêtes selon les périodes). |
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