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Vaches allaitantesDes réformes moins bien finies en bio qu'en conventionnel

Les vaches de réforme en bio issues des races à viande manquent généralement d'état lorsqu'elles arrivent à l'abattoir. (©Terre-net Média)
Les vaches de réforme en bio issues des races à viande manquent généralement d'état lorsqu'elles arrivent à l'abattoir. (©Terre-net Média)

Au 1er janvier 2023, les réformes allaitantes ne pourront plus être finies au bâtiment. Dans ce contexte, une remise en question des pratiques de finition s'impose, alors que la filière bio propose en général des carcasses moins finies à l'abattoir.

« Les réformes allaitantes en bio manquent généralement d'état d'engraissement par rapport aux réformes en conventionnel » nous alerte Pascal Bisson, conseiller en nutrition spécialisé en agriculture biologique à l'occasion de la semaine de l'expertise organisée par Littoral Normand. 

Deux fois plus de vaches de réforme maigres en bio qu'en conventionnel 

En Limousine, près de 90 % des réformes en conventionnel ont une NEC de 3, contre 75 % en bio. En moyenne, 30 % des vaches de réforme bio issues des systèmes allaitants partent trop maigres à l'abattoir, contre moins de 15 % en conventionnel. « Le revenu de l'éleveur, c'est quand même la viande, c'est dommage de voir partir des bêtes avec des états d'engraissement trop faibles », commente Pascal Bisson. 

Pour le conseiller, il ne faut pas avoir peur de vouloir finir ses réformes en bio. « Si la filière viande bovine bio reste assez confidentielle, il ne faut pas que les éleveurs bio se fassent peur avec ça, car le prix de la viande bovine est attractif et les marchands courent après les réformes, laitières et allaitantes. C'est un faut problème de dire qu'il n'y a pas de marché en bio. Il y aura toujours moyen de bien les valoriser via une filière. »

Des performances semblables à l'auge et à l'herbe 

À compter du 1er janvier 2023, les éleveurs bio ne pourront plus engraisser leurs animaux au bâtiment (sauf conditions climatiques exceptionnelles). Seul l'engraissement en extérieur sera envisageable, ainsi que l'engraissement en bâtiment partiellement couvert jusqu'au 31 décembre 2025. 

Ce nouveau cadre réglementaire remet les méthodes d'engraissement à l'herbe au goût du jour. Un essai réalisé sur la Ferme expérimentale des Bordes en Indre-et-Loire (37) présente des performances de croissance équivalentes à l'auge, avec un mélange céréales colza et foin, qu'à l'herbe sur des Charolaises : « un GMQ de 995 g/j a été obtenu avec le lot fini à l’auge, pour 1 076 g/j avec le lot à l’herbe. Dans les deux lots, les réformes faisaient 458 kg, et étaient notées entre R- et R= » commente Pascal Bisson. 

Proposer un fourrage de qualité est essentiel. Plus on aura une herbe avec de hautes valeurs alimentaires, plus les résultats seront là. On peut par exemple garder les enrubannages les plus riches pour les réformes, ou apporter entre 0,5 et 2 kg de céréales par jour en fonction des valeurs de l'herbe.

Une finition à l'herbe plus délicate pour les Blondes et les Parthenaises

Enfin, toutes les races ne se prêtent pas à l'engraissement à l'herbe. « La Blonde d'Aquitaine ou la Parthenaise ont été élevées pour manger du maïs grain. Ce sont des races qui ont besoin de transformer une ration très concentrée en énergie et qui valorisent mal les fourrages. » Les races de montagne ou du centre de la France valorisent mieux les fourrages fibreux. L'âge des animaux joue également un rôle. Les vaches assez âgées peinent généralement à prendre du poids.

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