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Viande bovineLa sécheresse et la canicule ont accéléré la décapitalisation

La décapitalisation des cheptels allaitants, à l'oeuvre depuis 2016, s'accélère suite à la sécheresse de l'été, souligne l'Idele. (©Terre-net Média)
La décapitalisation des cheptels allaitants, à l'oeuvre depuis 2016, s'accélère suite à la sécheresse de l'été, souligne l'Idele. (©Terre-net Média)

A l’œuvre depuis plusieurs années dans la filière allaitante, la décapitalisation s’accélère aujourd’hui suite à la sécheresse et aux fortes chaleurs de l’été, souligne l’Institut de l’élevage dans ses dernières Tendances Lait et Viande. Une décapitalisation qui commence à affecter la production.

 

Au 1er août, le nombre de vaches allaitantes avait diminué de - 3,1 % sur un an, contre - 3,0 % au 1er juin ou - 2,7 % au 1er janvier, rappelle l’Idele dans sa dernière édition des Tendances Lait et Viande. Cette accélération de la décapitalisation a surtout été le résultat d’une forte chute des entrées de génisses dans le troupeau de vaches, et ne s’est donc pas vue tout de suite au niveau des abattages, explique Caroline Monniot, chef de projet conjoncture viande bovine. La sécheresse et les canicules de l'été ont, ensuite, renforcé cette tendance à la décapitalisation, avec une pousse d'herbe trop faible qui a conduit à un ajustement des cheptels, dans un contexte de prix élevé de l'aliment.

Désormais, la réduction des cheptels, observée depuis fin 2016, « commence à affecter les abattages », note l’Idele, qui relève que d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, le nombre de vaches allaitantes abattues sur les semaines 31 à 35 a reculé de - 4 % par rapport à 2021, et celui de génisses de type viande de - 1 %. Le poids moyen en baisse de - 1,2 % pour les vaches suggère une moins bonne finition dans un contexte de sécheresse et de cherté des aliments achetés.

Une offre restreinte qui soutient la hausse des prix

Si le nombre total de vaches abattues (lait et viande) était finalement stable par rapport à l’an dernier sur ces semaines, il a reculé en JB viande (- 7 %) et en JB lait (- 12 %) ce qui a conduit à une offre en recul de 3 % par rapport à 2021 sur l’ensemble des gros bovins. Les prix sont donc restés orientés à la hausse, la vache U standard cotait 5,63 €/kg de carcasse en semaine 35, soit 11 centimes de plus qu’en semaine 30, et 17 % au-dessus de la cotation 2021.

Cotation de la vache U en France en septembre 2022
Cotation de la vache U en France en septembre 2022 (©GEB-Institut de l'Elevage d'après FranceAgriMer)
 

Des coûts de production non couverts par les prix

Cependant, ces évolutions de prix sont insuffisantes pour couvrir l’explosion des coûts de production. Selon les calculs de l’Idele, le prix de revient des vaches types viande atteignait 5,82 €/kg au premier semestre 2022, et 5,64 €/kg pour les jeunes bovins types viande, des prix qui seront très probablement encore plus élevés au second semestre 2022. En juillet 2022, l’indice des prix des aliments achetés était supérieur de + 28 % par rapport à 2021 et + 44 % par rapport à 2020, celui des énergies et lubrifiants de + 56 % vs 2021 et + 97 % vs 2020. Enfin, celui des engrais et amendements était plus élevé de + 86 % par rapport à l’année précédente et + 135 % vs 2020.

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