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Malade pendant des mois, cet éleveur de l’Aisne avait en fait la fièvre Q !

Malade pendant des mois, cet éleveur de l’Aisne avait en fait la fièvre Q !

État grippal, fatigue persistante, difficultés respiratoires… et si vous aviez contracté la fièvre Q ? Peu connue en médecine générale, cette zoonose contagieuse expose particulièrement les éleveurs et intervenants en élevage. Le plus souvent bénigne, elle peut toutefois entraîner des complications sévères. Dans l’Aisne, Timothée Gosset a été malade plusieurs mois avant qu’une analyse sanguine ne confirme le diagnostic.

« La fièvre Q, je savais que c’était une cause à rechercher lorsqu’il y a des avortements dans le troupeau, mais pas que c’était contagieux pour l’homme », raconte Timothée Gosset, associé du Gaec Gosset à Montloué (Aisne). Pourtant, en octobre 2022, l’éleveur tombe malade. « Ça a commencé par un bon rhume, avec de la toux, des crachats… puis j’ai eu beaucoup de fièvre. J’étais vraiment à plat. »

Une inquiétante absence de diagnostic

Les semaines passent, la maladie persiste. Dérouté, le médecin suspecte un lymphome. Fin janvier, l’éleveur, inquiet de rester sans diagnostic formel, contacte son vétérinaire pour envisager quelles maladies il aurait pu contracter via l’élevage. « J’ai ensuite demandé à mon pneumologue de me faire les sérologies spécifiques conseillées, et c’est comme ça qu’on a découvert que j’étais positif à la fièvre Q. » Un traitement antibiotique est mis en place, la guérison intervient en quelques semaines.

Ce témoignage illustre une réalité rappelée par Mathieu Pellichero, vétérinaire à la clinique Sainte-Anne, à Vervins (02) : Persistante dans l’environnement, la bactérie en cause se déplace avec les poussières aérosolisées et/ou contamine les muqueuses lors de contacts directs avec les animaux, notamment au moment des naissances ou des avortements.

Évoquer son métier avec le médecin

« Chez les bovins, la fièvre Q provoque des avortements, mais ce n’est pas le symptôme le plus fréquent », pointe le vétérinaire. Elle s’exprime surtout par des troubles de reproduction et de l’infertilité, parfois de la fièvre ou des problèmes respiratoires. Chez l’homme, l’infection peut aller du simple état grippal ou ressembler au Covid-19 (fatigue, courbatures, fièvre) jusqu’à des atteintes plus graves : pneumonies, hépatites, endocardites chroniques, amputations.

Les personnes immunodéprimées sont particulièrement à risque, tout comme les femmes enceintes qui peuvent faire une fausse-couche. Lors de précédentes épidémies d’ampleur, des décès ont même été rapportés. Pour faciliter le diagnostic, Mathieu Pellichero insiste sur un point pratique : « La médecine générale ne prend pas toujours en compte le métier du patient. Quand on consulte, il ne faut pas hésiter à dire qu’on est éleveur et évoquer l’hypothèse d’une zoonose. »

Médecin et vétérinaire, pas les mêmes patients mais des problématiques parfois communes

De cette expérience, Timothée Gosset relaie un message de prévention auprès de ses collègues. « C’est une expérience dont je parle souvent aux éleveurs autour de moi. S’ils constatent des symptômes inhabituels et que les médecins ne trouvent pas la maladie, il faut soulever l’hypothèse que celle-ci puisse venir de l’élevage », explique-t-il. « On peut en parler à son vétérinaire et même le mettre en contact avec son médecin, car les vétérinaires connaissent les zoonoses. »

L’éleveur élargit aussi le sujet à tous ceux qui passent sur la ferme : Lors d’introductions d’animaux issus d’autres élevages, mettre en place une quarantaine est selon lui nécessaire pour éviter la contamination au reste du cheptel.

Toujours rechercher la cause des avortements

Pour son vétérinaire, la prévention repose aussi sur diverses bonnes pratiques : « Pour se protéger il faut prendre des mesures d’hygiène comme nettoyer ses bottes à chaque sortie d’élevage, porter des gants lorsqu’on manipule les animaux, des vêtements de protection à usage unique lors d’interventions salissantes ou sanglantes et se débarrasser rapidement des lochies et autres produits de mise-bas », rappelle le praticien. En cas d’avortement, il faut toujours faire venir son vétérinaire pour en déterminer la cause.

Si la fièvre Q est suspectée ou décelée, son conseil est de restreindre l’accès aux personnes extérieures : « Il ne faut pas exposer de personnes fragiles. Il faut peut-être interdire l’accès de la ferme tout court. Pour les femmes enceintes, par exemple, le risque est beaucoup trop grand. » Une précaution qui protège l’éleveur, sa famille, ses salariés, ses stagiaires, et toute personne susceptible de visiter l’élevage. « On incite aussi fortement à vacciner », ajoute enfin Mathieu Pellichero.

Fièvre Q : une exposition professionnelle massive

En 2017-2018, une enquête menée en Finistère et Loire-Atlantique (1) mettait en évidence une forte exposition à Coxiella burnetii : 13 % de séropositivité (présence d’anticorps) dans la population générale, 56 % chez les éleveurs et 89 % chez les vétérinaires ruraux. Dans la même zone, une large part des troupeaux bovins testés l’était aussi. En 2013, une campagne de dépistage menée par la MSA auprès de professionnels en contact régulier avec des ruminants a montré que plus d’un sur deux présentait des anticorps. Dans 8 % des cas, ils étaient atteints d’une forme aiguë ou chronique au moment du dépistage, rappelant que cette maladie n’est pas anodine.

Sources :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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