Le Sommet mondial du lait, qui rassemble tous les ans les représentants mondiaux du secteur, se tient cette année en France, à Paris. Ouvert le 15 octobre par la ministre de l’agriculture, l’évènement sera l’occasion pour les participants d’échanger et de définir de nouvelles stratégies face aux défis actuels de la filière, entre durabilité, productivité, mais aussi renouvellement des générations.
Organisé par la Fédération internationale du lait (FIL), International Dairy Federation (IDF) en anglais, le Sommet mondial du lait se tient jusqu’au 18 octobre à La Défense, à côté de Paris, pour échanger sur l'avenir de la filière laitière.
La durabilité et productivité au cœur des enjeux
Le slogan de l’évènement, « fièrement engagés vers un monde durable », met en avant la nécessité de s’adapter au changement climatique, à travers une adaptation des pratiques qui, de l’avis de tous, ne doit pas se faire au détriment de la production. Il s’agit, rappelle Ludovic Blin, président de IDF France et éleveur laitier en Normandie, de produire plus et mieux, car la demande mondiale continue d’augmenter. Pour la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, il faut en effet aller plus loin dans la protection des ressources « et promouvoir encore des pratiques agricoles qui permettent de réduire l'empreinte environnementale de la production laitière, sans jamais en diminuer la productivité ».
Car les participants ont également en tête le rôle géopolitique de l’alimentation, comme la crise du Covid, puis la guerre en Ukraine, l’ont illustré ces dernières années. La nourriture, sa production mais aussi son commerce à travers le monde, joue un rôle dans la sécurité mondiale, a rappelé de son côté Arancha Gonzalez, membre du comité stratégique de Sciences Po Paris et ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères. Dans un monde où il faudra, de plus en plus, prioriser la qualité à la quantité, le lait et les produits laitiers ont nécessairement une carte à jouer.
Revenu et renouvellement des générations
Mais avant tout, « l’industrie laitière ne doit pas abandonner ses éleveurs. Sans eux, aucune création de valeur n’est possible », a rappelé Annie Genevard, qui s’est voulu rassurante vis-à-vis des producteurs français après l’annonce choc de Lactalis. « Soyez certains qu’en cas de désengagement de certains collecteurs, je veillerai avec détermination à ce qu’aucun éleveur ne soit poussé à cesser son activité laitière. Le maintien de notre capacité productive et donc de notre souveraineté sont à ce prix : chacun doit trouver une alternative pour vendre son lait et le vendre à un prix juste. », a insisté la ministre.
Car la durabilité « requiert aussi de protéger les conditions d’exercice des métiers du vivant et de l’industrie laitière », souligne Annie Genevard. Et sans revenu, pas d’attractivité, alors que 25 % des fermes disparaîtront d’ici 2030. La ministre espère que les travaux menés lors de ce Sommet « permettront de faire émerger des solutions concrètes à cet enjeu majeur ».
Enfin, la durabilité affichée devra se traduire « par des engagements concrets et immédiats », rappelle-t-elle. Ainsi, le Sommet mondial du lait doit également « donner lieu à la signature de la "Paris declaration on sustainability", accompagnée d’engagements chiffrés », a précisé Annie Genevard.
La France est le 2e pays producteur de lait en Europe. La filière laitière est une fierté nationale et nous devons la soutenir. 🤝
C’est le message que j’ai porté ce matin en ouverture du Sommet mondial du lait. Bravo au @cniel et à la @FIL_IDF pour son organisation ! pic.twitter.com/t7ib2rJAly
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