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Moisson 2022Manque de paille : ils ont opté pour des substrats

Les moissons sont terminées, les presses tournent à plein régime (ou ont déjà fini leur boulot). Y aura-t-il assez de paille ? Comment faire s'il en manque ? Des éleveurs témoignent après avoir trouvé des alternatives.

D'après notre sondage habituel, cette année 52 % des éleveurs achètent de la paille à l'extérieur (36 % en produisent assez et 12 % se contentent des échanges paille/fumier). Malgré les craintes liées au broyage de paille face à la hausse des prix de l'engrais, les éleveurs situés en régions céréalières semblent avoir trouvé des fournisseurs. Mais les rendements en paille semblent assez hétérogènes en régions : 40 % des éleveurs disent en avoir récolté assez, 20 % « plus que prévu », mais pour les autres il risque d'en manquer.

Ils ont trouvé des alternatives à la paille

« Si on parle fréquemment de l'autonomie alimentaire, il ne faut pas non plus mettre de côté l'autonomie au niveau de la litière », rappelle notamment l'Institut de l'élevage qui affirme que : « Au gré des aléas des récoltes, la paille de céréales devient de plus en plus chère et les éleveurs sont à la recherche d'alternatives. »

Avec la sécheresse en plus, il est bon de conserver de la paille pour l'alimentation car certains risquent de manquer de fourrage.

Pour la litière, il existe de nombreux substrats : plaquettes de bois, sciure, copeaux, paille de colza, sable, miscanthus... Nous en avons listé quelques-uns dans un livre blanc dédié aux alternatives à la paille (téléchargeable gratuitement).

L'Idele a aussi interrogé plusieurs éleveurs ayant opté pour ces alternatives. En voici quelques extraits (témoignages complets à retrouver sur le site de l'Idele) :

La litière malaxée compostée : « Je n'ai pas curé depuis 4 ans »

Dans les Landes, Fabien Darrieutord, éleveur laitier, explique : « En hiver, pour mon bâtiment de 800 m2, je mets 600 kg de paille par jour (contre 900 auparavant). Au printemps ou en été, je ne paille que très occasionnellement. » Tout cela avec une baisse considérable des mammites. Son secret ? La litière malaxée : l'éleveur passe le rotovator tous les jours (et deux fois par jour en période humide) sur 10 à 20 cm de profondeur, et a supprimé le bardage du bâtiment pour une bonne ventilation. « Le plus important c'est de toujours avoir une litière sèche », explique-t-il.

Paille de colza : « Pas de différence avec la paille de céréales »

« Il faut qu'elle soit bien sèche, je n'hésite pas à laisser la paille de colza 4 à 5 jours au sol avant de la presser voire davantage si besoin. Les rounds nécessitent davantage de filets qu'une paille classique et il est souhaitable de les rentrer rapidement car l'eau pénètre facilement dans la botte. » C'est ce qu'explique Jérôme Piton, éleveur de brebis en Maine et Loire.

15 ha de miscanthus pour être autonome en litière

En Haute-Vienne, le Gaec de chez Massiat a implanté 15 ha de miscanthus après avoir arrêté la céréale pour passer en tout herbe. Ensilé en avril (en enlevant un couteau sur deux sur la machine pour ne pas couper des brins trop courts), le miscanthus fait office de litière pour les 125 allaitantes du troupeau. « Les curages sont moins fréquents qu'avec la paille car il en faut trois fois moins pour le même résultat d'absorption », explique l'éleveur.

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