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[Interview] Entretien des prairiesFissurer ses prairies : bonne ou mauvaise idée ?

Pour être bénéfique, la fissuration de prairie se pratique de septembre à février. (©Actisol)
Pour être bénéfique, la fissuration de prairie se pratique de septembre à février. (©Actisol)

La fissuration de prairies est pratiquée pour retrouver une bonne infiltration de l'eau après un pâturage, dynamiser l'activité biologique ou pour redonner une légère aération au printemps afin de doper la reprise et la production d'herbe. Mais est-ce vraiment nécessaire ?

Lors des Unitech Days élevage, journée technique organisée par des étudiants d'UniLaSalle dont le thème était l'autonomie protéique et fourragère en élevage, la rédaction de Web-agri a pu interviewer Jean Pamelle, responsable commercial chez Actisol, sur la fissuration des prairies.

Dans quel cas fissure-t-on ou scarifie-t-on une prairie ?

Jean Pamelle : « La fissuration de prairie dépend du type de sol, surtout de l’état de tassement des prairies. Ce qui tasse le plus après le matériel, ce sont les animaux, qui créent des semelles de compaction à 10-15 cm de profondeur, générant des problèmes de prospection racinaire. Dans ce cas, la fissuration sera adaptée. Elle se pratique de septembre à février, selon le climat et les précipitations de l’année.

La scarification peut également être pratiquée dans la gestion des prairies. Son action a lieu en surface, sur des problèmes de feutrage racinaire (concentration des racines en surface, sur de la matière organique en décomposition) ou en présence de mousse. Le but est d’aérer le premier horizon du sol.

Ces deux pratiques sont complémentaires et adaptables en fonction des conditions d’utilisation. »

Quel est le gain attendu de cette pratique ?

J.P. : « Un des gains attendus de la fissuration est une meilleure prospection racinaire, pas seulement sur le premier horizon, mais aussi en profondeur, ce qui permet d’avoir une meilleure résistance à la sécheresse.

Un autre gain est d’avoir une bonne aération du sol, et donc une meilleure infiltration de l’eau et un meilleur drainage dans les prairies humides.

La fissuration de prairies permet également une lutte induite contre les rongeurs avec le bouleversement des galeries par le fissurateur.

Au niveau rendement, la fissuration apporte une augmentation de l’appétence et de la production de matière sèche. »

Que répondez-vous à l’institut Arvalis, qui juge qu’il n’y a pas d’effets positifs du passage d’outils destinés à aérer les prairies, et que l’impact de ces outils sur la flore est défavorable ?

J.P. : « Le fissurateur de prairies est un outil très sensible à la période d’utilisation (pour rappel de septembre à février). C’est la météo qui va décider le moment optimal, il faut un sol suffisamment ressuyé pour bénéficier au maximum de l’onde de choc de la dent dans le sol.

Or, la période de réalisation du test par Arvalis n'était pas adaptée et les conditions météorologiques lors du fissurage ne sont pas précisées.

Ce qui est dangereux, c’est de passer trop tard dans la période, ce qui va créer un stress dans la prairie plutôt qu’un gain.

Les conditions trop humides sont également à éviter, car le passage de la dent va créer un lissage latéral qui est défavorable à la prospection racinaire. »

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