Le céréalier de 52 ans, président d'Avril, a adressé « un courrier à l'ensemble du réseau » pour l'en informer, après avoir avisé les cadres du syndicat. Ces dernières années, la FNSEA a vu sa domination du monde agricole contestée, notamment en faveur de la Coordination rurale (CR), mais s'impose toujours comme le premier interlocuteur de l'État.
Peu après son élection à la présidence de la FNSEA, en avril 2023, Arnaud Rousseau a été confronté à ce qu'il a lui-même désigné comme « la pire crise agricole en 30 ans » : un premier hiver de colère dans les campagnes, où les agriculteurs exigeaient du revenu, de la considération et un avenir.
Sa silhouette haute au maintien martial est alors inconnue du grand public. Son profil de grand patron concentre sur lui les critiques des syndicats concurrents : au fil des actions coups de poing, il devient la cible préférée des bonnets jaunes de la CR, qui conspue l'« agrobusinessman » et un libre-échange « agricide ».
Confronté à « la pire crise agricole en 30 ans »
Lui défend sans complexe la liberté d'entreprendre en agriculture dans un univers mondialisé où la France a des cartes à jouer : produire, transformer, exporter. « La compétitivité n'est pas un gros mot », dit-il, réclamant des « moyens de production » pour la Ferme France.
La candidature d'Arnaud Rousseau à un second mandat faisait ces derniers jours l'objet de spéculations, sans toutefois qu'aucun autre nom n'émerge. Traditionnellement, le syndicat se rassemble autour d'une candidature unique.
Le président de la FNSEA est historiquement l'interlocuteur privilégié du gouvernement. Longtemps seul syndicat agricole en France avant l'émergence de concurrents à la fin des années 1980, la FNSEA est accusée de « cogestion » avec l'État dont elle est, de fait, le premier interlocuteur. En témoigne la récente annonce par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'une loi d'urgence agricole qui reprend point par point les demandes du premier syndicat.
« Je suis passé de 180 à 140 vaches laitières pour faire face au changement climatique »
La production de viande bovine va diminuer en 2026… mais moins vite
À qui revient l’entretien des haies sur les parcelles louées ?
Chez Étienne, l’atelier d’engraissement de génisses tourne au quart de sa capacité
Prix du lait 2025 : une hausse record à 502 €
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard