Dans la suite des EGA et du plan de filière, le Cniel a présenté sa démarche de « responsabilité sociétale », baptisée « France Terre de Lait ». Son but : répondre aux enjeux économiques, environnementaux et sociétaux. On balaie large. Il faut à la fois redonner de la valeur à chaque litre de lait produit et mieux la partager, rassurer le consommateur et donner envie aux jeunes de s’installer. L’ambition est louable, les moyens d’y parvenir plus flous. Il est indéniable que le constat de départ n’est pas brillant. Deux exemples nous sont donnés : les prix de vente à la consommation des produits laitiers augmentent moins que ceux des autres produits alimentaires, signe d’une création de valeur en panne. À l’autre bout de la chaîne, la rémunération des producteurs se situe dans la moitié basse de la population française. La répartition de la valeur ne se fait donc pas au profit de l’amont. En réponse, le Cniel a défini une stratégie à cinq ans. Il s’engage à renforcer la transparence dans les négociations commerciales, en fournissant à tous les acteurs des indicateurs économiques « robustes et partagés ». Deuxième point : garantir au consommateur un haut standard de qualité de tout le lait produit. Il s’agit d’un engagement sur les performances sanitaire, alimentaire, environnementale et sur le bien-être animal. Un socle de base, donc, destiné à faire connaître les bonnes pratiques des producteurs et l’excellence du lait français. S’y ajoute un engagement économique qui reprend l’objectif d’une meilleure rémunération pour l’amont. Enfin, le troisième volet du plan entérine les différentes démarches de segmentation déjà connues : les AOP, le bio, le non-OGM, le lait de pâturage, etc.
Où sont les perspectives de marché, de prix motivant ?
Toutes les familles du Cniel (GMS incluses) vantent le collectif de la démarche. Mais nous sortira-t-elle de la morosité ambiante pour insuffler une nouvelle dynamique ? En regardant le verre à moitié vide, on peut en douter. Où sont les perspectives de marchés, de nouveaux débouchés, de volumes à produire, de prix motivant ? On nous rétorque qu’on ne parle pas de prix du lait au Cniel. Que c’est interdit. Vrai, mais on pourrait y intégrer les OP qui sont en première ligne pour le négocier. Si le guide des bonnes pratiques commerciales ne sert qu’à gagner 10-15 €/1 000 l, la carotte paraît bien maigre pour s’engager dans un plan de filière vertueux. Les études économiques ne cessent de le répéter : sans prix, sans volumes, avec des coûts de production « moyens », le revenu des producteurs français recule par rapport à ses concurrents européens depuis la fin des quotas. Et la stratégie de repli sur les PGC France n’apparaît pas profitable.
Dominique Grémy
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