Le ministre de l’agriculture a présenté le 21 mai les premières orientations tant attendues du Plan stratégique national de la future Pac. Des mesures qui sont loin de donner satisfaction à la Fédération nationale bovine (FNB) et la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).
Baisse de revenu en perspective pour les éleveurs de bovins viande
Comme prévu depuis plusieurs semaines, Julien Denormandie a annoncé une baisse des aides couplées aux bovins allaitants, au profit du développement des protéines végétales ce qui doit, selon le ministre, bénéficier in fine aux éleveurs. Pour la FNB, « cette décision aura deux impacts immédiats pour les éleveurs de bovins viande : une nouvelle baisse de leur revenu et une augmentation de leur coût de production », alors que les éleveurs allaitants ont aujourd’hui le plus bas niveau de revenu au sein des filières agricoles. « Le Ministère annonce une baisse globale pour le secteur bovin viande de 3 à 4 %. Baisse globale qui correspond à une nouvelle diminution de 15 % du revenu des éleveurs », déplore la FNB.
« Dans le même temps, cette baisse des aides viendra accentuer, un peu plus encore, le différentiel entre le coût de production des éleveurs – dont la méthode de calcul validée au niveau interprofessionnel déduit les soutiens de la Pac – et le prix des bovins obtenu par les éleveurs : automatiquement, le coût de production des éleveurs subira donc une hausse », explique le syndicat qui espère à présent que la baisse des aides sera limitée « au seul transfert des aides couplées animales vers le financement des protéines végétales ». Avec, en parallèle, des mesures fortes pour que les prix payés tiennent enfin compte des coûts de production.
Vers une disparition des petites fermes laitières ?
Pour la FNPL, avec la poursuite de la convergence (à 85 %) se prolonge « le travail de sape des exploitations de petite taille qui constituent la majorité des fermes laitières ». Le syndicat prend l’exemple d’une ferme de 50 ha avec deux temps plein, en plaine, avec 60 vaches, cultivant fourrages et maïs : il y a 20 ans cette ferme recevait 21 000 € par an d’aide Pac, une aide passée à 18 000 euros par an avec le début de la convergence, puis à 11 000 euros par an lors de la dernière Pac. « C’est la rémunération d’un équivalent temps plein qui a disparu en 20 ans, et on ne peut pas dire qu’il y a moins de travail sur la ferme… bien au contraire », regrette la FNPL.
Alors que le montant de l’aide à l’UGB n’est pas connu, le syndicat alerte sur le risque de disparition d’une filière exemplaire en matière de durabilité, et tient à rappeler que « seule une enveloppe bovine répartie uniformément qui prend en compte à la fois les réalités économiques et la réalité du travail et de la place des hommes dans les territoires sera à même d’inverser la tendance. Une vache est une vache, une UGB est une UGB et tout autre choix sera dévastateur ».
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