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Menus sans viandeLes ONG saisissent la main tendue par Interbev

Lassée par les polémiques opposant de façon caricaturale la filière viande et les partisans de menus végétariens dans les cantines, l’interprofession bétail et viande avait écrit une lettre ouverte aux ONG environnementales, proposant un objectif commun : moins de viande, mais de la viande locale et de qualité. Une proposition à laquelle les ONG se sont montrées favorables.

Après la polémique liée aux menus uniques sans viande dans les cantines scolaires de la ville de Lyon, l’interprofession, Interbev, avait écrit le 2 mars une lettre ouverte aux ONG environnementales, estimant que « mieux vaut manger de faibles quantités de viande à la cantine… mais uniquement de la viande d’origine française, si possible locale, issue de nos systèmes d’élevage durables et familiaux, caractérisés notamment par une alimentation à l’herbe des animaux (80 % en ce qui concerne le cheptel allaitant) et une autonomie alimentaire du troupeau (90 % de la ration des animaux produites par l’éleveur, sur son exploitation) », et invitant les associations à partager ce point de vue.

« Ce "Moins et Mieux", qui est également la position défendue par nos organisations, appelle les pouvoirs publics à soutenir un élevage et une consommation de protéines animales respectueux de la nature », ont de leur côté répondu les ONG, rappelant les enjeux d’une diminution de la consommation de protéines animales : transition écologique de l’élevage, bénéfices d’une diversification des sources de protéines, réponse aux attentes sociétales…

Dans le cadre de l’examen de la loi Climat, les ONG incitent donc les parlementaires à adopter les amendements introduisant des menus sans viande équilibrés dans les cantines. « En effet, l’introduction de menus végétariens permet de dégager du budget qui peut être réinvesti dans l’approvisionnement en viande locale et durable (bio en particulier) », expliquent les organisations.

« À l’instar d’Interbev, nous soutenons l’approvisionnement issu d’élevages herbagers et autonomes et nous nous opposons à la production et à l’importation de viandes issues de systèmes d’élevage ultra-industrialisés. Ce point est d’autant plus important qu’en restauration collective, les viandes ne proviennent qu’exceptionnellement d’élevages durables et de proximité. Selon les sources et le type de viande, entre 40 et 70 % des volumes seraient importés. C’est pourquoi, nos organisations soutiennent également des mesures de soutien à l’élevage durable dans le Plan Stratégique National (PSN, déclinaison de la Pac en France, actuellement en construction), en particulier en fléchant les aides couplées vers les élevages herbagers et les élevages extensifs les plus vertueux et résilients et en créant un paiement pour services environnementaux (PSE) pour les prairies et pour les élevages extensifs », ajoutent également les ONG.

Journaliste politique et économie

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