La crise sanitaire mondiale a fait prendre conscience aux pouvoirs publics de l’enjeu que représente une industrie localisée en France. L’industrie laitière en fait partie, ce que la Fédération nationale des industries laitières applaudit des deux mains. Elle rassemble quasi toutes les entreprises privées, à commencer par les grands groupes que sont Lactalis, Savencia, Danone et Bel. « La France a la chance d’avoir une industrie laitière performante et engagée », a insisté Robert Brzusczak, président de la Fnil ce matin lors de l’assemblée générale à Paris.
Gagner en compétitivité
« Toutes nos entreprises investissent pour plusieurs raisons : le remplacement d’outils usagers, la sécurité sanitaire et des salariés, la décarbonation de notre activité, de nouveaux marchés et gagner en compétitivité », affirme-t-il avec des témoignages à l’appui. À Landivisiau (Finistère), la Sill lance une nouvelle tour de poudres infantiles pour 93 M€. Dans l’Orne, le site Lactalis de Domfront, connu pour son camembert Président, veut doubler sa capacité de fabrication pour passer de 25 000 tonnes en 2021 à 40 000 tonnes en 2023. « Depuis 2012, nous avons investi 70 M€, précise Vincent Rojat, le directeur de l’usine. En Mayenne, la fromagerie Vaubernier (camembert Bon Mayennais) investit 2,7 M€ dans un concentrateur de lactosérum et un nouveau pasteurisateur, dont 800 000 € d’aides publiques.
Volet relocalisation : 10 M€ d’aides
Concrètement, la prise de conscience du gouvernement français se traduit par des aides dans le cadre du plan de relance. « Un des objectifs est de relocaliser des parties de la production qui sont stratégiques », indique Romain Bonenfant, du ministère de l’économie et des finances. Sur ce volet, l’industrie agro-alimentaire a bénéficié jusqu’à présent de 83 M€ d’aides dont 10 M€ au secteur laitier. Ils soutiennent trois projets d’alternatives végétales (Savencia, Bel et Triballat-Noyal-sur-Vilaine) et quatre projets d’entreprises spécialisées dans les ferments. Un coup de pouce mais pas de quoi faire face aux montants élevés des investissements qui sont la marque du secteur laitier, que ce soit au niveau des producteurs que des transformateurs. « Les investissements que font les industriels laitiers sont lourds. Ils nécessitent des financements conséquents, parfois accompagnés par les pouvoirs publics, souvent financés par les banques mais toujours en faisant appel à des fonds propres, ce qui induit une part de risque pour l’entreprise », résume Robert Brzusczak.
Claire Hue
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