Dans le Calvados, chevaux et vaches font bon ménage. Des passionnés d’équitation de travail s’entraînent avec le troupeau de l’EARL du Val Hébert, et lui rendent des services.
C’est une histoire de voisinage et de passion. Il y a quatre ans, Éric Voisin emménage dans le village du Locheur (Calvados), à une centaine de mètres de l’habitation de Philippe Marie. Le premier est féru d’équitation de travail (pensez à l’équitation « western » et vous comprendrez mieux). Le second est éleveur laitier, à la tête de 120 vaches avec son associé, Lanaïc Le Gal. La ferme est toute proche des deux habitations. Ils sympathisent et très vite naît l’idée d’une participation d’Éric à la conduite du troupeau… au sens premier du terme. « Cela n’aurait pu et ne pourrait pas se faire sans la confiance de Philippe », salue le cavalier. Il a créé l’an passé, avec vingt autres passionnés, l’Association normande d’équitation de travail (Anet) (1).
Avec son cheval de race Quarter Horse, au moins une fois par semaine, il ramène les vaches du pâturage pour la traite du soir. De même, toujours durant la saison de pâturage, l’EARL du Val Hébert confie à l’Anet un lot de génisses à guider. « Éric et les membres de l’Anet peuvent ainsi s’entraîner. À leur contact et à celui des chevaux, nos jeunes animaux s’apprivoisent et sont plus faciles à gérer, constatePhilippe. Leur présence est rassurante. En cas de vagabondage d’une vache ou d’une génisse dans un mauvais lot, nous pouvons compter sur eux pour la récupérer. »
L’équitation de travail demande des compétences bien spécifiques. « Les Quarter Horses sont plus petits que les chevaux de course et de trot. Par exemple, le mien mesure un mètre cinquante, en concordance avec la taille d’une vache, explique Éric Voisin. Si elle change brutalement de direction, il n’aura pas l’inertie d’un cheval plus grand pour réagir. » Bien positionné par rapport à l’animal ou au troupeau, il met un niveau de pression supérieur à celui de l’homme, « mais que les bovins acceptent. Cela demande aux Quarter Horses un mental froid et d’avoir le “cow sens” ».
Les cavaliers, eux, apprennent à monter par la droite ou la gauche, tiennent les rênes à une main, par exemple pour ouvrir de l’autre une barrière, et communiquent avec le cheval par l’équilibre et les jambes. « Lorsqu’une équipe intervient auprès d’un troupeau en relative liberté, elle fait une réunion préparatoire pour bien se coordonner. » C’est ce que fait son homologue vendéenne, l’Avet, dans le Marais poitevin. L’Anet se dit motivée pour faire de même en Normandie, par exemple dans les marais de Carentan (Manche), s’il y a une demande de la part d’éleveurs.
Claire Hue
(1) Voir la page Facebook de l’Association normande d’équitation de travail.
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