Mi-décembre, Dacian Ciolos dévoilera son « minipaquet lait » pour préparer la filière à l'après-quotas. Des fuites orchestrées, comme à l'accoutumée, par Bruxelles pour sentir le vent, on y devine ce à quoi ressemblera le projet de règlement qui, au mieux mi-2011, amendera l'OC unique pour le secteur laitier. Si le travail de sape des libéraux d'Europe du Nord et de la DG de la concurrence ne l'a pas trop édulcoré, on peut s'attendre, dans le meilleur des cas, à un certain rééquilibrage des forces au profit de l'amont. Cela à travers trois mesures phares : la possibilité de créer des organisations de producteurs regroupant au maximum 5 milliards de litres de lait (3,5 % de la production de l'UE), le choix laissé aux pays qui le souhaitent, comme la France, de rendre obligatoire les contrats entre producteurs et laiteries, l'obligation qui serait faite aux industriels de déclarer les volumes collectés.
Certes, il y a là des avancées. Mais seront-elles suffisantes pour garantir un prix du lait rémunérateur ? Sûrement pas. Pour ce faire, au moins deux Everest restent à gravir : qu'une très large majorité de producteurs rejoignent un minimum d'OP et que ces dernières ne soient pas pilotées en sous-main par les laiteries. Ensuite, il faudra encore beaucoup d'intelligence aux producteurs à la tête de ces OP. Pour qu'ils aient une vision collective, au moins à l'échelle d'un bassin laitier, sinon à celui d'un pays et idéalement de l'UE. Mais aussi pour qu'ils restent sourds aux champs des sirènes qui leur proposeront toujours de produire un peu plus que nécessaire. Rien n'interdit dans une UE libérale aux producteurs d'être intelligents. Seule condition : le choisir librement. La balle est dans leur camp. À eux de combattre leur pire ennemi : l'individualisme.
Par Jean-Michel Vocoret, rédacteur en chef
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