Les Bonnets rouges bretons ont mis le doigt sur une erreur stratégique commise par les politiques dans le secteur de la viande : réduire la production en accumulant les contraintes et les distorsions de concurrence conduit fatalement à la fermeture des abattoirs. Les éleveurs bretons n'ont pas été entendus quand ils ont évoqué ce risque il y a de nombreuses années. Certains ont disparu en silence et le choc est rude aujourd'hui pour les salariés.
Le secteur laitier a intérêt à y réfléchir pour ne pas tomber dans le même piège. La question est simple : qui alimentera les laiteries demain ? Qui aura envie d'être éleveur ? Le syndicalisme ne peut plus se contenter de se battre sur le prix du lait. Il ne peut pas davantage continuer à s'opposer aux projets de gros élevages au nom de ses principes.
Si la France produisait son quota, elle compterait des milliers d'éleveurs et quelques usines de plus. Elle n'a pas les moyens d'ignorer ces emplois potentiels.
Réduire le lait à un outil d'aménagement du territoire est une erreur. Et cette politique n'empêche plus la déprise. Considérer le lait comme une activité créatrice de richesse implique de laisser les éleveurs choisir leur système. Celui qui témoigne ce mois-ci dans nos colonnes a construit un bâtiment qui permet à une personne seule de produire 2 Ml. Cette vision va choquer certains. Mais le maintien et le développement du lait s'inscrivent dans la construction d'outils ayant résolu le problème de la main-d'oeuvre. L'agrandissement ne doit plus être diabolisé au nom d'idéologies qui ne font vivre personne.
par Pascale Le Cann, grand reporter
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