Enfin, les responsables politiques français tiennent un langage de vérité aux producteurs de lait. Il était temps. Le président de la République, au salon de l'agriculture, et le ministre de l'Agriculture, au congrès de la FNPL, ont affirmé haut et fort que les quotas seront bel et bien supprimés en 2015, que la volatilité des prix est et sera le quotidien des producteurs.
Pourquoi ne pas avoir eu ce discours clair dès 2003, au lendemain de l'accord de Luxembourg ? Apprendre à des producteurs, attachés à la gestion des marchés laitiers, qu'ils basculaient dans un système libéral demandait effectivement du courage. Les politiques français n'en ont pas eu. Comment expliquer, sinon, le double jeu d'un Michel Barnier entérinant à Bruxelles la fin des quotas et laissant entendre à Paris leur possible maintien ?
Ce manque de courage politique a entretenu le doute des producteurs qui espéraient autre chose et mieux que la simple libéralisation du secteur laitier. Ils se réveillent groggy et doutent aujourd'hui de leur avenir. Ils cherchent un nouveau sens à leur métier. Dans quelles stratégies de filière se placer ? Comment gagner en compétitivité face aux voisins européens ? Faut-il encore s'agrandir ?
Sans oublier les attentes des consommateurs, soucieux de leur santé et de l'environnement. La bataille contre les nitrates n'est pas encore gagnée, celle contre les pesticides et les gaz à effet de serre débute. Mais la réponse que renvoie le gouvernement est trouble. Bruno Le Maire se dit prêt à définir une filière laitière compétitive. On s'en réjouit. Nicolas Sarkozy, lui, fustige les contraintes environnementales...encore un manque de courage. Car ces défis, incontournables, doivent être relevés au plus vite.
Par Claire Hue, chef de rubrique
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