Le pugilat transformateurs-GMS est un classique. Dans un coin du ring, des laiteries qui cherchent à passer des hausses. Dans l'autre, une grande distribution inflexible, forte de sa position dominante. Forte aussi de l'aval tacite de pouvoirs publics sans le sou pour faire du social et qui compte sur elle pour maintenir des prix bas à la consommation. Nouvelle composante au débat à laquelle il faut s'habituer, la volatilité du prix des intrants. C'est elle qui rend aujourd'hui intenable la situation des producteurs.
Mais pourquoi cette intransigeance d'une distribution qui n'admet pas que la hausse du coût alimentaire se répercute sur les prix de vente des industriels ? Et qui fait fi des retards de marge encaissés par des filières exposées comme le lait de consommation ? Rien de tel outre-Rhin. Producteurs et transformateurs français en sont à citer en exemple l'attitude « responsable » du hard-discount allemand. Lui accepte les fluctuations des prix de vente de ses fournisseurs et les répercute dans les linéaires. Mais dans les deux sens, ce qui suppose des producteurs qui acceptent un prix du lait réactif à la hausse comme à la baisse.
L'explication du mouton noir nommé Leclerc apparaît un peu courte. Certes, il n'y a en France que cinq enseignes, dont un franc-tireur, et qui se marquent à la culotte. Mais il y a aussi une transformation pas aussi forte qu'outre-Rhin. Elle a eu du nez pour miser avant l'heure sur le grand export et investir dans des outils de séchage. Les Allemands peuvent donc arbitrer leurs débouchés si les GMS sont trop gourmandes. Si nous pouvions en faire de même cet été, ce ne serait pas grâce à des capacités de séchage à la hauteur, mais d'une collecte qui s'annonce faible. Tout un symbole.
Par Jean-Michel Vocoret, rédacteur en chef
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