Hormis quelques ultras, on a tous, Français, rêvé d'un autre monde où les quotas feraient place à une maîtrise de l'offre plus intelligente. Un dispositif de régulation européen qui aurait permis d'adapter la croissance de la production à celle du marché mondial, d'encaisser les inévitables à-coups qui se produiraient et de donner une vraie chance de maintenir le lait sur tous les territoires.
Il n'en sera rien. Co-décisionnaire de la Pac, le Parlement aurait pu pousser dans ce sens. Mais non. Il n'y a toujours pas, à Strasbourg, de majorité pour aller vers plus de régulation. L'Allemagne en est même à plaider le démantèlement des derniers outils d'intervention publique. Autant dire qu'il relèvera du miracle de voir accoucher la proposition « Dantin » d'une aide versée en temps de crise aux producteurs réduisant leur livraison. Quant à l'idée de Paris de pénaliser, en cas de déséquilibre grave du marché, les laiteries européennes qui ne réduiraient pas leur collecte, elle apparaît pour le moins fumeuse dans le contexte de l'UE. Nos voisins d'Europe du Nord ne veulent plus entendre parler régulation. Le fait est que déjà en ordre de bataille, ils comptent bien profiter de leur avance pour nous tailler des croupières.
Préparons-nous donc à vivre l'après-2015 sans se faire d'illusions sur les capacités de l'UE de réguler. Et d'en finir avec l'autoflagellation. Certes, nos exploitations n'ont pas le niveau de productivité laitière du Danemark. Certes, notre industrie apparaît moins restructurée. Mais ces retards sont en train de se combler. Nous avons aussi de nombreux atouts qu'on nous envie. Et surtout, ces « redoutables » Européens du Nord ont leur talon d'Achille, et pas des moindres, pour accompagner l'essor du marché mondial
Par Jean-Michel Vocoret, rédacteur en chef
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