Les producteurs de lait de la seule région détentrice de cinq AOC sont montés au créneau pour exprimer leur colère à l'annonce de 210 €/1 000 l de lait sur les paies d'avril. « Nos coûts de production en zone de montagne s'élèvent à 300 €/1 000 l. » Dans ce contexte, l'accord signé en février dernier, qui promet une prime de 30 €/1 000 l aux producteurs auvergnats engagés dans une démarche AOC, fait figure de planche de salut. Le premier acompte trimestriel sera versé en juillet prochain. Il émane d'une cotisation volontaire obligatoire (CVO) appliqué par les metteurs en marché sur tous les kilos de fromages vendus à compter du 1er mars 2009. « Chaque entreprise se donne les moyens d'abonder cette CVO. Cela peut passer par des accords d'augmentation de prix auprès des distributeurs, commente Philippe Maquin, directeur adjoint des Fromageries occitanes. Avec 40 000 t de fromages dont la moitié en AOC,la CVO représente 240 000 €/mois pour notre entreprise. » Pour préserver l'équité entre les producteurs engagés dans les cahiers des charges AOC, la prime de 30 €/1 000 l est attribuée au prorata du titrage transformé. Concrètement, les taux de transformation retenus sont de 85 % en saint-nectaire, 50 % en cantal, 20 % en fourme d'Ambert et 5 % en bleu d'Auvergne. Sur la base de 30 €/1 000 l, 20% sont retenus pour la communication des AOC. Une simulation sur une exploitation produisant 180 000 l de lait conduit à une prime s'élevant à 2 196 € par an si le producteur est engagé en AOC cantal et bleu d'Auvergne, 3 060 € pour du lait à cantal + bleu + fourme et 3 672 € dans une filière saint-nectaire. Ces primes sont une première marche vers une reconnaissance d'un prix différencié du lait AOC en Auvergne. L'accord stipule leur augmentation jusqu'à 70 €/1 000 l à échéance 2015.
MONIQUE ROQUE
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