Selon les élus Fdsea des zones de montagne, l'Ichn reste le meilleur soutien pour préserver l'élevage dans les zones difficiles. (©Terre-net Média)« La France s’est battue pour obtenir d’importantes marges de manœuvre afin de compenser les handicaps, nous ne comprendrions pas qu’elles ne soient pas exploitées à leur maximum ! » Le ton est donné par les représentants des Fdsea des cinq massifs montagneux français : Jura, Alpes, Massif Central, Vosges et Pyrénées.
Alors que les arbitrages quant à l’application française de la réforme de la Pac pour 2015 devraient être prochainement annoncés – un Conseil supérieur d’orientation consacré à la Pac se tenant ce jeudi 26 septembre 2013 – les montagnards du syndicalisme majoritaire demandent ainsi une revalorisation massive de l’Ichn.
« Il faut revaloriser le montant de l’Ichn par hectare en le portant au maximum de ce que permet l’Europe pour les premiers hectares », explique Christophe Léger, représentant des Alpes. Pour les zones de montagne et de haute montagne, ce montant plafond serait de 450 €/ha, et d’environ 250 €/ha pour les zones défavorisées et de piémont. Il s’agirait aussi « d’adapter le plafond d’hectares éligibles et de prendre en compte l’ensemble des chefs d’exploitations à titre principal ».
« Il faut 1,3 md€ pour compenser les handicaps »
Pour financer une telle revalorisation, les représentants veulent « optimiser le cofinancement du Feader à son maximum », à un taux porté à 75 %, en préservant à l’identique l’enveloppe nationale, soit environ 330 M€.
Surtout, les représentants syndicaux de la montagne ne veulent pas que cette revalorisation entraîne un dépouillement des financements pour les autres priorités du second pilier, à savoir les aides à l’investissement et les soutiens aux jeunes agriculteurs. « Il faut donc abonder le budget du deuxième pilier par un prélèvement dans le premier », expliquent-ils.
Selon eux, il faudrait ainsi transférer entre 4 et 6 % du premier pilier vers le deuxième pour que l’enveloppe totale pour compenser les handicaps atteigne 1,3 milliard d’euros, montant revendiqué par les élus de la montagne.
Face à ces revendications, mais aussi aux positions radicalement opposées d’autres sections de la Fnsea, les arbitrages du Gouvernement et de François Hollande seront cruciaux. Les pays du Nord de l’Europe, non montagneux, orienteront les fonds du second pilier pour soutenir massivement les investissements en aval des filières.
Le chef de l’Etat se rendra à Cournon mercredi 2 octobre, pour inaugurer le Sommet de l’élevage. Il devrait y annoncer les choix français tant attendus. « Nous l’attendons au tournant » préviennent les représentants des massifs.
« La revalorisation de l’Ichn est notre priorité, insiste Patrick Bénézit, du Cantal. Si les leviers tant défendus par la France ne sont pas activés en faveur de la montagne, on ne pourra pas nous dire que c’est de la faute de l’Europe ! »
Doublement de l’aide au lait de montagne
Par ailleurs, concernant les autres points de le réforme, les élus veulent aussi un « doublement de l’aide en faveur des producteurs de lait de montagne ». La convergence, quant à elle, « devra être totale mais progressive jusqu’à 2019. »
Favorables au paiement redistributif sur les 50 premiers hectares et à l’utilisation du couplage à son maximum, ils demandent également un paiement de base à taux plein « sur un nombre plafonné de premiers hectares pour les estives, surfaces peu productives » mais indispensables aux systèmes fourragers de montagne.
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