La "guerre du camembert", qui oppose partisans et adversaires du lait cru, a connu un nouvel épisode samedi, avec l'incrimination d'un lot de camemberts de la Fromagerie Réaux par son concurrent Lactalis qui affirme y avoir décelé des "bactéries pathogènes".
"A titre de précaution", le ministère de l'Agriculture a lancé une mise en garde contre la consommation du lot de camemberts incriminé et a appelé les consommateurs à les rapporter à leur point de vente. Le groupe laitier Lactalis avait "informé" le ministère de l'Agriculture de "la présence de bactéries pathogènes dans des camemberts fabriqués par l'un de ses concurrents" et avait transmis à la Direction générale de l'alimentation des rapports d'essai "confirmant cette présence".
"Nous faisons l'objet d'une attaque, c'est un procédé révoltant de la part d'un concurrent", a rétorqué à l'AFP Bertrand Gillot, PDG de la Fromagerie Réaux, basée à Lessay (Manche). La Fromagerie Réaux a fait réaliser par le laboratoire AQMC de Montpellier de nouvelles analyses du lot incriminé qui ont démontré que les camemberts étaient "parfaitement conformes aux normes sanitaires" et ne contenaient "pas de bactéries pathogènes", a-t-il assuré. "C'est une nouvelle manoeuvre dans le cadre de la "guerre du camembert", entre les partisans du lait cru et ceux qui veulent supprimer le lait cru, c'est une opération de déstabilisation", a dénoncé M. Gillot avant de "condamner" ces "tentatives de destruction du patrimoine fromager français".
Les petits producteurs avaient remporté début mars une victoire décisive face aux poids lourds de l'industrie laitière en obtenant que le camembert AOC de Normandie reste fabriqué à partir de lait cru, selon des sources proches du dossier. Cette décision doit être officialisée dans les mois prochains dans le cadre d'une réforme de l'AOC. "Lactalis s'est rendu compte que la "guerre du camembert" tourne à son désavantage et prétexte des risques sanitaires pour réclamer l'abandon de l'obligation de lait cru", a relevé M. Gillot.
« A titre de précaution »
Les produits concernés par les résultats d'analyse de Lactalis ne sont plus en vente actuellement, les dates limites d'utilisation optimale (20 mars 2008) étant dépassées. Il s'agit des fromages appartenant au lot n°V026 commercialisés sous les dénominations suivantes: camembert et petit camembert (150 g) REO, camembert La Fermière, camembert et grand fromage Le Gaslonde, petit camembert BN, grand Réaux pyro et grand fromage premier choix (1kg). "A titre de précaution, les fromages qui ne seraient pas encore consommés doivent être rapportés au point de vente où ils ont été achetés", recommande le ministère de l'Agriculture.
La direction départementale des services vétérinaires de la Manche a entamé dès vendredi des analyses des produits de la Fromagerie Réaux, "dont on attend les résultats", a précisé une porte-parole du ministère.
Par ailleurs, la Direction générale de l'alimentation a fait retirer samedi de la vente en France les fromages d'origine italienne Ricotta Salata, après la découverte dans ces produits de la présence de Listeria monocytogenes. "Deux contrôles officiels réalisés par les autorités allemandes ont mis en évidence, dans ces produits, à des taux élevés, la présence de Listeria monocytogenes", a annoncé le ministère de l'Agriculture, mettant en garde contre une consommation de ce fromage.
« Je suis passé de 180 à 140 vaches laitières pour faire face au changement climatique »
La production de viande bovine va diminuer en 2026… mais moins vite
À qui revient l’entretien des haies sur les parcelles louées ?
Chez Étienne, l’atelier d’engraissement de génisses tourne au quart de sa capacité
Contrôle de performance : une nouvelle notation pour le comportement à la pesée
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard
Annie Genevard annonce 300 M€ supplémentaires face à la crise agricole