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Le Salon de l’agriculture entend rester attractif malgré l’absence de bovins

Privé de vaches et d’égérie, le salon international de l’agriculture (SIA) ne veut pas envisager une baisse d’attractivité. Premièrement, parce que les organisateurs sont à pied d’œuvre pour proposer une nouvelle offre d’animations et de présentations d’animaux dans le Hall 1, mais également parce que le salon reste le seul grand moment d’échange entre les agriculteurs et le grand public, dans un contexte qui rend le dialogue de plus en plus nécessaire.

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Suite à la décision des organismes de sélection, soucieux des risques liés à la DNC, de ne pas faire venir de bovins, le Salon de l’agriculture a dû rebondir. Il s’agit désormais de réorganiser le Hall 1 et l’espace laissé vacant, pour offrir aux visiteurs un parcours tout aussi dynamique autour des autres espèces (ovins, caprins, porcins) dont la présence sera renforcée. Davantage de visibilité pourra par exemple être donnée au pastoralisme, thème de l’année internationale 2026, mais une soixantaine de projets sont à l’étude, explique Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, l’organisation propriétaire du salon. « On cherche des animations, mais surtout un programme » qui donne aux visiteurs plusieurs raisons de venir, ajoute-t-il.

L’absence des bovins oblige également les organisateurs à revoir l’affiche de l’évènement qui mettait en avant l’égérie de cette édition, une vache brahmane nommée Biguine et venue de Martinique. Celle-ci reste présente sur la nouvelle affiche, aux côtés des 35 autres races bovines françaises.

La nouvelle affiche du salon de l'agriculture. (© Salon de l'agriculture)

Un salon sans vaches implique-t-il forcément une baisse du visitorat ? Il ne faut pas oublier, précise Valérie Le Roy, directrice du salon international de l’agriculture, que d’autres facteurs entrent en ligne de compte, comme la météo, ou plus généralement, le contexte au moment où se tient l’évènement (cette année, du 21 février au 1er mars 2026). En fonction des années, le Salon de l’agriculture a connu un nombre de visiteurs fluctuant entre 460 000 et 713 000, indiquent les organisateurs.

Soutenir le monde agricole

« Je n’arrive pas à matérialiser pourquoi les visiteurs ne viendraient pas cette année », estime Jérôme Despey, qui met en avant la présence d’autres animaux, des filières végétales, des territoires, mais aussi le soutien que les citoyens apportent en général à l’agriculture française.

Alors que les mobilisations récentes ont mis en avant les difficultés du monde agricole, c'est sur ce point que le salon axe désormais sa communication. « C’est le moment d’être aux côtés des agriculteurs », ajoute Jérôme Despey. « Venir, c’est soutenir », est-il d’ailleurs écrit sur la nouvelle affiche.

Pour les organisateurs, les agriculteurs qui appellent à boycotter l’évènement « se tirent une balle dans le pied ». « Il n’y a pas autre chose que le Salon de l’agriculture pour échanger avec le monde agricole dans l’année », alors que le grand public connaît de moins en moins l’agriculture, rappelle Arnaud Lemoine. En parallèle, le monde agricole lui-même a besoin de discuter. Si les agriculteurs sont de moins en moins nombreux, les salons ne désemplissent pas, insistent les organisateurs.

Ces derniers balayent également les polémiques sur la gouvernance, alors que Jérôme Despey, président du Ceneca, est également vice-président de la FNSEA. « On appartient tous à quelque chose, je l’assume », explique-t-il, mais « je discute avec tout le monde », et « le salon est fait pour mettre la lumière sur la diversité de l’agriculture, tout le monde a sa place », ajoute-t-il.

Pour le président du Ceneca, il importe surtout que le salon reste aux mains des professionnels, afin de continuer à servir le monde agricole. Les discussions entre salons agricoles doivent également s’intensifier, estime-t-il également, notamment sur la question des virus et des épizooties qui risquent de devenir récurrentes à l’avenir. Jérôme Despey sera ainsi à l’initiative d’une réunion entre le Sia, le Space et le Sommet de l’élevage, une fois le Salon de l’agriculture passé.

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