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Abattoirs AimLes éleveurs démentent avoir plombé l'entreprise

Caen, 25 fév 2015 (AFP) - La coopérative d'éleveurs Cap 50, actionnaire et fournisseur principal des abattoirs normands Aim en grande difficulté démentent avoir vidé les caisses de l'entreprise comme les en accusent les salariés d'Aim devant la justice qui va enquêter, a indiqué mercredi à l'Afp l'avocat de Cap 50.

Les éleveurs de Cap 50 « ont passé leur temps à soutenir l'activité d'Aim. Imaginer qu'ils se sont fait des millions sur le dos d'Aim, c'est n'importe quoi », a indiqué Me Laurent Jourdan qui est aussi l'avocat de Gad, abattoir breton concurrent, qui a perdu plus d'un millier emploi depuis 2013.

Aim a été placé en redressement judiciaire le 6 janvier. Deux offres seulement ont été déposées l'une pour 71 emplois l'autre pour 107, sur un total d'environ 600. La justice doit les examiner le 6 mars.

Le parquet de Coutances a annoncé mardi qu'il allait ouvrir une enquête préliminaire après avoir reçu un courrier des salariés d'Aim faisant état, selon l'avocate des salariés, de faits pouvant être qualifiés d'abus de bien sociaux. Cap 50 est notamment accusée d'avoir fait perdre 22 millions d'euros en quatre ans à Aim en obligeant l'entreprise à vendre sa viande moins chère qu'elle ne l'achetait à la coopérative. « Je ne sais pas d'où ça sort. Il suffit de voir les comptes de Cap 50 et le niveau de vie des éleveurs pour comprendre que c'est pas comme ça que ça fonctionne. Le prix du porc est fixé par le marché », a argumenté Me Jourdan. « Les salariés sont les premières victimes » des difficultés d'Aim mais « tout le monde connaît le niveau de vie des éleveurs. Ce sont des gens qui gagnent le smic, qui ont une vie épouvantable », a renchéri l'avocat.

Dans un communiqué, Cap 50 a dénoncé des « accusations sans fondements ». Selon la préfecture de la Manche, une table ronde doit avoir lieu jeudi au ministère de l'Agriculture. « Si nous sommes invités, nous y serons », a indiqué l'avocat de Cap 50 aussi accusé de faire fuir les repreneurs par des prix trop élevés.

Mardi de 150 à 200 salariés d'Aim ont manifesté mardi leur colère devant le siège de Cap 50, y accrochant des banderoles comme "Cap 50 nous a saignés". Coopérative de 120 éleveurs normands, Cap 50 a racheté Aim en 2003 à ses fondateurs partis en retraite. L'élevage porcin est en crise continue depuis 2008. Le nombre de producteurs diminue de 300 par an en France selon leur syndicat.

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