Menu

Abattoirs AimRetrait de l'offre du groupe Declomesnil

Paris, 23 fév 2015 (AFP) - Le groupe Declomesnil a retiré lundi son offre de reprise partielle de l'abattoir normand Aim, estimant que « l'arrêt total de l'activité » compromet le projet, une annonce qui n'a « pas surpris » les salariés pour lesquels cette offre n'était « pas sérieuse ».

En conséquence, plus de 500 des quelque 600 emplois d'Aim sont désormais menacés de disparaître, au lieu de 400 jusqu'alors. Et les autres emplois ne pourront être sauvés que si le tribunal de commerce de Coutances, qui a prononcé le 6 janvier le redressement judiciaire d'Aim, valide une des offres restantes le 6 mars. « L'absence totale de dialogue, rejeté par les représentants du personnel et par leurs conseils, et l'arrêt total de l'activité de l'abattoir et des livraisons clients, ne permettent plus de préserver le fonds de commerce », écrit le groupe dans un communiqué publié lundi.

Declomesnil s'était associé à Sofiproteol, poids lourd des huiles et protéines végétales (groupe Avril) qui a été présidé par Xavier Beulin, le numéro un de la Fnsea, pour reprendre 118 des 398 salariés (selon les syndicats) de l'abattoir principal d'Aim, situé à Sainte-Cécile dans la Manche. Le deuxième abattoir d'Aim, basé à Antrain en Ille-et-Vilaine (179 salariés), n'était pas concerné et fait, lui, l'objet de deux autres offres, l'une pour 71 salariés, l'autre pour 107. L'offre de Declomesnil et Sofiproteol, la seule sur l'abattoir de Sainte-Cécile, avait été annoncée jeudi, au lendemain de la date limite de dépôt des offres.

Ses salariés, qui espèrent encore le dépôt de meilleures offres avant le 6 mars selon leur avocat, avaient annoncé dans la foulée bloquer toute entrée ou sortie de camions à Sainte-Cécile. « Le fonctionnement de l'abattoir et la livraison des clients étaient essentiels à la réussite du projet de reprise et à une amélioration potentielle des conditions sociales de l'offre », poursuit le groupe basé à Colombelles près de Caen. « On n'est pas surpris. On savait que c'était une rustine, cette offre, pour calmer les esprits. De toute façon, 118 salariés (sur 398) ou rien, c'était pareil », a déclaré à l'Afp Sébastien Lafon de la Cfe-Cgc de l'abattoir de Sainte-Cécile. Pour les syndicats, cette offre avait été sollicitée à la dernière minute par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture. « Ils avaient un projet de 4.500 porcs par semaine à la découpe contre 2.000 par jour (avant la grève) à Sainte Cécile. Ce n'était pas viable de toute façon », a-t-il ajouté.

Selon Sébastien Lafon, l'objectif des salariés est de renouer le dialogue avec les bretons Brient et Loste-Tradi qui ont jeté l'éponge peu avant la date limite de dépôt des offres en raison, selon les syndicats, d'exigences trop élevées de l'actionnaire principal d'Aim, la coopérative d'éleveurs Cap 50. Les salariés poursuivent leur mouvement, a précisé Sébastien Lafon. Une assemblée générale est prévue à 17h. « C'était couru d'avance », a aussi estimé l'avocate des salariés Elise Brand interrogée par l'Afp.

Réagir à cet article

Sur le même sujet