Poplait (1) a lancé le débat lors d’une conférence, le 17 novembre. Pour son président, Gilles Pousse, « les programmes opérationnels européens offrent une vraie opportunité de créer une synergie entre OP afin de renforcer le poids des producteurs dans la mise en marché du lait ». L’exemple du secteur des fruits et légumes, qui bénéficie déjà de ces programmes, l’illustre. Les OP, coopératives ou non, se retrouvent en AOP (Cerafel) pour prévoir l’offre, définir des règles commerciales et des cahiers des charges, promouvoir leur marque, etc.
Les POE sont des projets portés par des OP ou des AOP. Les interprofessions sont exclues. Il s’agit d’actions collectives nouvelles répondant à des objectifs précis telles l’organisation de la production, de la commercialisation, l’optimisation des coûts, la recherche, la formation, etc. Ils peuvent servir à investir ou encore à gérer des crises.
Un calendrier serré
Ces programmes sont définis pour trois à cinq ans et financés à 50/50 par les OP et par un fonds opérationnel alimenté par un prélèvement sur les fonds européens du premier pilier qui pourrait aller de 3 à 15 %. « Ce taux est encore en négociation mais la Commission défend un niveau élevé, préférant doper le soutien au collectif plutôt que les aides couplées », a précisé Christophe Hamon, directeur de Breizh Europe (lobby agroalimentaire breton à Bruxelles), lors de la conférence. Dans ce cadre défini à Bruxelles, les États membres peuvent retenir, ou non, cette option, en l’inscrivant dans leur projet stratégique national. Assurer un revenu équitable aux agriculteurs et rééquilibrer les pouvoirs dans la chaîne alimentaire font partie des objectifs de ces projets qui seront rédigés d’ici le printemps prochain. Les OP se mobilisent pour peser sur la décision.
Risque de dérive
Les coopératives ont flairé l’aubaine et plusieurs ont demandé leur agrément OP. Car les budgets sont importants et elles remplissent les conditions pour être agréées OP. Si la France inscrit les POE dans son plan stratégique national, on peut s’attendre à des débats acharnés. Et si les demandes de financement dépassent le budget, l’État devra arbitrer. Des coopératives avancent l’idée que lorsqu’il y a transfert de propriété, l’OP est plus aboutie et donc plus légitime à être aidée. Un débat purement franco-français.
Le risque est grand de glisser vers des conflits entre OP alors que l’objectif est bien de permettre aux producteurs, coopérateurs ou non, de s’organiser pour peser face aux laiteries. Poplait tend la main. Les OP peuvent travailler ensemble sur des sujets aussi divers que le bien-être animal, la recherche de débouchés ou l’achat groupé de tanks à lait.
Pascale Le Cann
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