Alternative. En Vendée, le pressage de cannes de maïs est une alternative à la paille de blé qui fait souvent défaut. Un produit à réserver cependant aux génisses et taurillons.
«Généralement, nous réalisons entre 1000 et 1500 big-ballers de cannes de maïs par an, estime Michel Durand, le responsable des presses de la Cuma la Croisière, à La Bruffière (Vendée). Mais cette saison, nous sommes montés à plus de 4 000. La pénurie de fourrage, combinée à de bonnes conditions météo pendant la récolte, explique ce regain d’intérêt. » Ce secteur du nord de la Vendée très orienté vers l’élevage est structurellement en manque de paille de blé. Beaucoup d’exploitations récupèrent les menues pailles à la moisson ou pressent de la paille de colza.
Broyage au champ
Olivier Fonteneau, également éleveur laitier à La Bruffière, récolte tous les ans entre 150 et 170 big-ballers de paille de maïs. « Nous cultivons 5 ha de maïs épi ensilé, explique-t-il. Quand la météo nous le permet, nous pressons les résidus. Ces bottes servent de litière aux taurillons et aux génisses, mais jamais aux laitières. Les tiges sont en effet souvent souillées par de la terre, avec un risque de contamination butyrique. »
Presser des cannes de maïs réclame une organisation particulière. Il est indispensable de broyer les tiges pour accélérer leur séchage au champ. La Cuma dispose de cueilleurs avec broyeurs intégrés sous les becs.
« Il faut une longue période de beau temps »
Deux à trois jours après la récolte, les éleveurs repassent sur la parcelle avec un broyeur de jachère pour diminuer encore la taille des résidus. « Il faut une longue période de beau temps, ajoute Michel Durand. En cas de pluie, la paille reprend de l’humidité et parfois, elle est perdue. »
Avant le pressage, le champ est andainé en prenant soin de relever les râteaux pour ne pas ramasser de terre. Afin de protéger le matériel, les éleveurs de la Cuma qui pressent du maïs ont l’obligation de ramasser les pierres dans les champs. Les zones présentant trop d’ornières sont exclues car trop difficiles à récolter. Les presses cubiques sont équipées d’un humidimètre indiquant la teneur en matière sèche des bottes.
« Cette année, les premières ballesétaient très sèches. Nous les avons stockées sous un hangar, précise Olivier Fonteneau. Je les surveille pour détecter un risque d’échauffement. En fin de saison, nous avons ramassé de la paille à 25 % d’humidité. Celle-ci est stockée dehors avec une bâche couvrant le dessus du tas pour le protéger de la pluie. »
Attention à la poussière
Ces bottes sont distribuées à la pailleuse dans les cases en litière accumulée. L’éleveur aère systématiquement le bâtiment car avec la terre amassée sur la base des tiges, c’est un produit très poussiéreux.
Quand il n’a plus que des bottes humides avec moins de pouvoir absorbant, il alterne généralement une fois sur deux avec de la paille de blé. « C’est un produit à usage limité, mais cela nous permet de diminuer chaque année de moitié nos achats de paille à l’extérieur, ajoute l’exploitant. Cette année, elle vient d’Espagne et atteint des records de prix, à 120 € la tonne. En comparaison, la paille de maïs nous revient à 20 €/tonne, dont 15 € pour le pressage, et 5 € pour l’andainage et la manutention. Agronomiquement, exporter une partie des tiges et des rafles présente d’autres atouts, notamment pour nous qui sommes en techniques culturales simplifiées. La dégradation des résidus dans le sol monopolise généralement 30 unités d’azote qu’il faut apporter au blé qui suit le maïs. Chez nous, ce n’est pas nécessaire puisque la paille exportée pourrit dans le fumier avant de revenir au champ lors de l’épandage. Cela facilite les semis et réduit aussi la pression des larves de parasites, comme la pyrale. »
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