Au lycée de Nancy-Pixérécourt, depuis 2009, le croisement rotatif entre les prim’holsteins et les races montbéliarde, normande, jersiaise et rouge scandinave est un levier essentiel pour produire en 100 % herbe, presque sans concentré.
Pour Bertrand Cailly, directeur de l’exploitation du lycée de Nancy-Pixérécourt, la vache idéale « fait 500 kg de poids vif, 5-6 lactations sans problème, un veau par an et 5 500 à 6 000 kg de lait par an à l’herbe,quasiment sans concentré ». C’est ce qu’il recherche avec le croisement rotatif cinq voies, mené depuis 2009 sur le troupeau alors essentiellement prim’holstein. La suppression du maïs ensilage dès 2010, le passage au tout herbe, un minimum au concentré (238 kg/VL/an en 2015, 12 €/1 000 litres), un travail simplifié et une optimisation économique (1) exigeaient en effet « des animaux flexibles, supportant ce système très économe ». D’où la stratégie de croisement avec quatre races :
- la montbéliarde pour renforcer le gabarit, la fonctionnalité et les taux ;
- la jersiaise pour l’efficacité alimentaire et les taux ;
- la rouge scandinave surtout pour la résistance sanitaire, et le gène sans cornes ;
- la normande pour le gabarit, les taux et la composition du lait.
« Le cinq voies maximise l’effet d’hétérosis : à partir de la cinquième génération, on n’a que 6 % de risques d’obtenir des animaux ne correspondant pas à nos objectifs, contre 15 % en trois voies », argumente Bertrand Cailly. Depuis sept ans, il réalise les accouplements « en choisissant, pour chaque vache, la race allant le mieux dans le sens de nos objectifs et absente de l’ascendance ».
Aujourd’hui, plus des deux tiers des laitières sont des croisées (25 % de 3e et 4e générations). Les vaches en race pure encore présentes sont celles ayant le mieux résisté au système, certaines ayant été conservées pour la pédagogie (concours d’élevage). « L’état corporel des croisées reste stable, à 2,5-3, et c’est davantage marqué en 4e génération, se félicite Bertrand Cailly. Le troupeau est plus résilient, plus facile à mener, l’intervalle vélage-vêlage est de 380 jours, les veaux F5 et F6 sont très vigoureux… On ne reviendrait pas en arrière ! À présent, nous allons identifier les successions de races qui permettent les meilleurs résultats. »
(1) Marge brute moyenne Ecolait 2015 : 88 455 € (groupe : 73 689 €).
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